La Flandre, porte d'accès à l'Europe

Le plat pays intéresse toujours autant les investisseurs étrangers. Les fusions et acquisitions sont un créneau d'avenir.

(l'écho) - Savoir attirer les investisseurs étrangers constitue un gage de pérennité pour une économie ouverte comme celle de la Flandre, et de la Belgique en général. Notre pays se débrouille d'ailleurs fort bien dans cet exercice. La Belgique figure en effet à la quatrième place mondiale (derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France mais devant la Chine) au sein du fameux hit-parade établi par KPMG en 2006 mesurant le volume d'investissements étrangers directs.


Les investissements directs se répartissent en quatre catégories : nouvelles implantations, extensions de sites existants, opérations de fusions et acquisitions et, enfin, les flux financiers (centres de trésorerie, holdings, etc.). C'est d'ailleurs ce dernier segment d'activité qui a permis à la Belgique d'obtenir une place aussi flatteuse au classement de KPMG.

 

2007 a été un bon cru


«L'année 2007 a été bonne », se félicite John Verzeele, responsable du département « Business development » de Flanders Investment & Trade (FIT), l'équivalent de l'Awex au nord du pays.


Parmi les gros projets d'investissement réalisés en Flandre l'an dernier, on trouve en tête Volvo Trucks Europe à Gand (530 emplois), IBM (300 emplois) et Randstad (300 emplois). En terme de montants investis, les projets de Stora Enzo à Gand (130 millions d'euros), Exxon Mobile à Anvers (125 millions) et Schering-Plough à Heist-op-den-Berg (120 millions) arrivent premiers. Tous ces projets sont des extensions d'implantations existantes, ce qui montre l'importance de ce type d'investissement étranger en Flandre.
Quelques nouveaux projets d'importance ont également vu le jour : Ineos et son unité de production de biodiesel à Anvers ainsi que BASF et son unité de production de polyuréthane à Anvers également.

 

Accès facile au marché européen


Les fusions et acquisitions constituent le créneau d'avenir le plus important. « Chaque semaine, nous recevons des demandes d'information en provenance de Chine et d'Inde concernant des possibilités de rachats de sociétés établies en Flandre », confirme John Verzeele. « Les Chinois et les Indiens ont de l'argent et ils entendent l'utiliser pour s'offrir un accès facile et rapide au marché européen », explique-t-il. « Notre rôle consiste alors à faire du 'matching'entre l'offre et la demande, en collaboration avec les banques et les consultants. » Cette démarche n'est en rien une façon de brader le patrimoine économique, selon lui. « Si nos entreprises cherchent des opportunités de partenariat, nous pouvons les aider. Autant faire venir chez nous les investisseurs étrangers plutôt que chez nos voisins », justifie-t-il.

 

Nouvelle image fiscale


Parmi les qualités appréciées par les investisseurs étrangers qui se tournent vers la Flandre, il y a bien entendu la position géographique centrale en Europe, le réseau dense d'infrastructures, la qualité de la main-d'œuvre mais aussi l'environnement fiscal nettement plus stimulant que par le passé. « Les choses bougent. La mauvaise réputation fiscale de la Belgique à l'étranger est en train d'évoluer favorablement. Les intérêts notionnels, le ruling, la directive mère-fille, le nouveau régime pour les brevets et l'unité TVA forment un cadre innovant qui ne passe pas inaperçu », constate John Verzeele. « Notre travail consiste à expliquer ces mécanismes dont la complexité dépasse de loin un simple abaissement du taux facial de l'impôt des sociétés où nous sommes toujours en queue de peloton. »

 

Des handicaps à surmonter


Les services du FIT doivent aussi aider les investisseurs potentiels à surmonter certaines réserves à l'égard de l'environnement économique proposé par la Flandre : coût de la main-d'œuvre, pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans la plupart des secteurs, fiscalité globalement élévée, coût de l'énergie, pénurie de terrains industriels, législation environnementale contraignante.


« Sur ce dernier point, on pourrait sortir gagnant à terme », prédit John Verzeele. « Car en obligeant l'industrie à investir dans des technologies propres, on se construit un avantage concurrentiel pour l'avenir, sachant que la législation environnementale dans les pays développés risque de devenir de plus en plus contraignante. »


Quant au coût de l'énergie, la Flandre n'est pas seule à faire face au problème. « La remarque nous est pourtant régulièrement adressée par des investisseurs potentiels. Certains sites industriels, comme la chimie à Anvers, proposent des formules de co-sharing qui permettent de partager les coûts fixes entre plusieurs entreprises. »


En ce qui concerne les salaires élevés, le responsable du FIT invite également à relativiser : « Le paquet salarial contient pas mal de choses : une bonne couverture médicale et des conditions de préavis relativement peu contraignantes sont des éléments qui devraient intéresser les employeurs. »


Et comparer la Flandre avec les pays d'Europe de l'Est n'a pas beaucoup de sens, selon lui. « Ces pays cherchent à attirer de la production de masse. D'où l'importance primordiale pour eux du facteur coût. Chez nous, on vise davantage des procédés plus complexes et à haute valeur ajoutée. » Ce qui ne veut pas dire que l'assemblage auto en Flandre soit dépassé, nuance John Verzeele. « A condition toutefois que l'on travaille dans une niche et non plus dans la production de masse », précise-t-il.

 

Concurrence wallonne


Parmi les concurrents directs de la Flandre, il y a au premier chef la Wallonie. Face à son voisin du Nord, la Wallonie a quelques belles cartes à jouer. Parmi celles-ci, il y a les incitants accordés par les pouvoirs publics dans les « zones de développement économique ». Une possibilité dont la Flandre, en vertu du cadre européen, ne dispose plus.


La Wallonie propose également des terrains industriels beaucoup moins chers et d'une superficie moyenne plus importante. « En Flandre, un projet nécessitant un très grand terrain bénéficiera de notre appui s'il y a un minimum d'emplois à la clé », explique John Verzeele.
Mais il ne s'agit pas non plus de faire la fine bouche. Car « un projet d'investissement en Wallonie est un projet perdu pour la Flandre, même si nous préférons qu'il aille s'établir en Wallonie plutôt qu'aux Pays-Bas », précise John Verzeele.

Jean-Paul Bombaerts

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