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L'Atomium, une affaire qui roule

©SABAM / BELGAIMAGE

À l’origine, l’édifice inclassable devait briller six mois, le temps de l’Expo 58. Cinquante-sept ans plus tard, après avoir frisé la démolition fin des années 90, le totem bruxellois se porte bien et a des projets.

L’Atomium, c’est le prototype du provisoire devenu définitif. À l’origine, les neuf globes devaient briller pendant six mois, pas plus. L’improbable édifice, reproduction d’un cristal de fer grossi 165 milliards de fois, devait très temporairement figurer le progrès, le temps de l’Expo 1958. Cinquante-sept ans plus tard, il est le totem de Bruxelles, fiché au milieu d’un plateau du Heysel promis à un renouveau radical dans les années à venir, avec le projet Neo qui va animer les lieux en y créant un nouveau pan de ville de toutes pièces.

Renaissance

Mais il n’a pas toujours brillé. Déclinant dans les années 90, la démolition le menace, faute de moyens pour l’entretenir, jusqu’à ce qu’une rénovation complète soit lancée en 2004 et le rende comme neuf au bout de 22 mois de travaux. Dont coût: 25 millions d’euros, financés à 65% par Beliris (accord de coopération entre l’État fédéral et la Région de Bruxelles-Capitale), à 10% par la Ville de Bruxelles et à 25% par emprunts bancaires contractés par l’ASBL Atomium. Depuis lors, l’inclassable bâtiment aligne entre 550.000 et 650.000 entrées payantes par an. Cette année est bien partie pour être la meilleure, avec 370.000 entrées payantes sur les sept premiers mois, soit 20.000 de plus que lors de la même période en 2014.

Adresse: square de l’Atomium – 1020 Bruxelles

Site web: www.atomium.be

Description: monument inclassable construit pour l’Expo 58. Panorama, lieu d’expos et d’événements, restaurant.

Nombre de visiteurs: 628.417 entrées payantes en 2014 + environ 50.000 non payantes (restaurant, soirées, événements).

Budget 2014: 6,6 millions d’euros.

Subsides: pas de subsides de fonctionnement (rénovation 2006: 25 millions d’euros).

Prix d’entrée: 11 euros (adulte), 8 euros (étudiant/60 ans +/12-18 ans), 6 euros (6-11 ans).

Hormis l’argent public apporté pour la rénovation, "nous vivons sans subvention", souligne Henri Simons, ancien élu bruxellois (Ecolo puis PS) aujourd’hui directeur de l’ASBL Atomium. L’association emploie 30 équivalents temps plein, dix pour la gestion et l’administration ainsi que vingt hôtesses et stewards. On peut y ajouter les 25 emplois induits par le restaurant panoramique dirigé par le chef Alexandre Masson.

Assuré pour 33 millions d’euros

Assuré pour 33 millions d’euros, le monument a généré l’an dernier 6,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, alimenté par les entrées (5 millions d’euros) mais aussi les ventes de la boutique (650.000 euros), les partenariats liés aux expos (197.000 euros), les locations (restaurant panoramique, boule des enfants) ou encore les visites guidées.

De quoi couvrir les charges: rémunérations (1,9 million d’euros), entretiens, achats et même un reliquat de droits d’auteur versés aux ayants droit du concepteur André Waterkeyn. Le solde positif (900.000 euros en 2014) est mis en provision en vue des réparations et gros entretiens à venir, ce qui ramène le résultat net à 0 tout rond.

"ADAM" arrive

"Nous avons voulu créer une dynamique complémentaire avec un Musée du design."
Henri Simons
Directeur

L’histoire ne s’arrête pas là. "Pour animer le plateau du Heysel, nous avons voulu créer une dynamique complémentaire avec un Musée du design", situe Henri Simons. Le "ADAM", pour Art & Design Atomium Museum, ouvrira le 9 décembre prochain, sur 5.000 m² du Trade Mart. "Nous avons racheté à Philippe Decelle sa collection Plasticarium, tout entière consacrée au design plastique des années 60 et 70, qui constituera l’expo permanente. C’est le même esprit, la même époque que celle de l’Atomium."

La collection a été achetée sur fonds propres, son aménagement dans le nouveau musée sera financé par une subvention de 400.000 euros de la Ville de Bruxelles. "Des expos temporaires seront aussi proposées sur l’art et le design du XXe siècle, poursuit Henri Simons, dans la droite ligne de ce que nous faisons à l’Atomium depuis des années. C’est une manière de nous diversifier et d’attirer un public complémentaire. Nous pensons que le ADAM peut attirer un bon 100.000 visiteurs par an." C’est à ce niveau-là que l’équilibre financier est prévu par le business plan.

©Joyce van Belkom/Hollandse Ho...

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