La seconde jeunesse de l'Euro Space Center

Chaque année, l’Euro Space Center attire 40.000 visiteurs ainsi que des milliers d’écoliers. ©© Clément Philippe

Après avoir frôlé le pire il y a quinze ans, l’Euro Space Center est devenu un des piliers du tourisme dans de la province de Luxembourg. Il attire des stagiaires du monde entier et affiche un budget à l’équilibre.

"Je suis arrivé ici comme consultant avec deux options: fermer l’Euro Space Center ou bien le céder à un repreneur. Mais à qui aurait-on pu revendre un site éducationnel qui ne sera jamais rentable? Quant à le fermer, cela aurait été négatif pour l’image de la province. Il y avait autre chose à faire."

Adresse: Devant les Hêtres 1, 6890 Libin (E411).

Site web: www.eurospacecenter.be

Description: Parc éducationnel de vulgarisation et de sensibilisation à l’espace et aux sciences qui y sont liées.

Nombre de visiteurs: 40.000 visiteurs (parcours spectacle); 26.000 jour/stage.

Chiffre d’affaires: 2.140.000 euros.

Subsides: 150.000 euros, plus Aides à la Promotion de l’Emploi et deux enseignants détachés.

Prix d’entrée: Visite simple adulte: 11 euros (plus 8 pour le super combiné); stages: de 17 à 146 euros.

Arrivé à la tête de l’Euro Space Center à l’aube des années 2000, Jean-Marcel Thomas se remémore l’énormité de la tâche qui l’attendait à l’époque. Après un début en fanfare – 80.000 visiteurs par an les premières années après son inauguration en juin 1991 –, la situation de l’Euro Space Center s’est fortement dégradée quand cet ancien de chez Walibi débarque à Transinne. "Je me suis alors fixé trois objectifs. Atteindre le grand, puis le petit équilibre. Faire de l’Euro Space Center pour l’espace le pendant de ce qu’est Nausicaa à Boulogne pour la mer. Et enfin en faire un petit Futuroscope, une vitrine des nouvelles technologies", explique-t-il.

Survie assurée

Aujourd’hui, Jean-Marcel Thomas peut se montrer satisfait. L’Euro Space Center, dont la survie est assurée, est devenu un des piliers du tourisme dans la province de Luxembourg. Ce qui réjouit ses actionnaires, l’intercommunale Idelux, Belspo – la Politique scientifique fédérale – et la Région wallonne. Un nouveau lifting s’achève et les nouveaux projets s’enchaînent. Le parc est définitivement positionné comme centre de renommée internationale de vulgarisation et de sensibilisation à l’espace et aux sciences qui y sont liées.

Le rebond a notamment été rendu possible par la reprise d’une partie des bâtiments qui étaient la propriété d’Idelux, ce qui a allégé la charge de l’amortissement. En 2014, L’ESC a accueilli environ 40.000 visiteurs pour le Parcours spectacle, en hausse de quelque 4% par rapport à l’année précédente.

Le parc est à l’équilibre depuis une dizaine d’années. L’an dernier, il a réalisé un profit net de 160.000 euros.

Pour cette activité, combinée ou pas avec le "Moon walk" – un simulateur de marche lunaire – ou le planétarium pédagogique, "on reste très dépendant de la météo. Quand il fait chaud, on ne vient pas chez nous", explique de son côté Yvan Fonteyne, assistant marketing du site. Le Parcours spectacle, qui commençait à dater un peu, vient d’être remanié. La version 2015 comprend des éléments de scénographie et audiovisuels avec des technologies modernes. Il est l’œuvre de Miam Miam Creative Lab, une PME bruxelloise.

Succès des classes de l’espace

Mais ce qui fait la particularité de l’ESC, ce sont aussi ses fameux stages: un à six jours sur le site pour des "classes de l’espace", comme il existe des classes de neige, vertes ou sportives. Ces stages, reconnus par la Communauté française, étaient à l’origine une copie des stages de l’USSCF (US Space Camp Foundation) à Hunstville (Alabama), dont Idelux avait acquis la licence pour la Belgique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

L’unité de mesure est ici le "jour stage". Ils se sont élevés à environ 26.000 en 2014. Ce sont les stages qui constituent le cœur du chiffre d’affaires du parc: 1,28 million d’euros pour 420.000 euros pour les autres visiteurs. Les stages permettent aussi de faire la renommée de l’ESC très loin au-delà des frontières belges: outre les jeunes Belges, on retrouve également des Britanniques, des Chinois, des Indiens, des Américains, des Emiratis… Une trentaine de nationalités ont déjà transité par l’Euro Space Center. Il y a 200 lits sur place.

Le parc est à l’équilibre depuis une dizaine d’années et a dégagé un petit bénéfice après impôt (160.000 euros) en 2014. Il emploie une trentaine d’équivalents temps plein et reçoit quelque 160.000 euros de subsides par an, auxquels il faut ajouter des Aides à la Promotion de l’Emploi (APE, une réduction importante des cotisations patronales de sécurité sociale pour le secteur non-marchand), ainsi que deux enseignants détachés.

©© Clément Philippe

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