Ceta: la Wallonie a pris sa décision

Le président du parlement wallon André Antoine et le ministre-président wallon Paul Magnette ©BELGA

Les discussions avec la Commission européenne sont closes, Paul Magnette a réuni le gouvernement ce soir et aurait décidé de maintenir son opposition au Ceta, selon plusieurs sources.

Le ministre-président wallon Paul Magnette a analysé la nouvelle proposition que lui a faite la Commission européenne concernant l'accord de commerce global (Ceta) entre l'Union européenne et le Canada. Et les discussions sont désormais closes, a annoncé jeudi vers 20h30 le porte-parole de Paul Magnette.

La presse est conviée à l'Elysette ce jeudi à 21h30, mais selon certaines sources, la Wallonie camperait sur ses positions.


Le chef de l'exécutif wallon réunit son gouvernement en soirée. Il se présentera au parlement wallon vendredi matin. Le porte-parole s'est refusé à tout commentaire sur le résultat des discussions.

Dans les couloirs du parlement wallon, on évoquait une réunion du parlement vendredi à 9h30. Le ton ne semblait toutefois pas bien différent de la dernière semaine, au cours de laquelle la Wallonie a émis à deux reprises (vendredi et mardi) son opposition aux textes qui lui étaient soumis.

"Moment de vérité"

"Le moment de vérité est proche" dans les dernières négociations sur le Ceta, avait par ailleurs indiqué le Premier ministre Charles Michel à son arrivée au sommet. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE attendent de leur côté le feu vert belge, qui reste conditionné à l'opposition des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"J'espère que la Belgique prouvera à nouveau qu'elle est une championne du compromis et que nous aurons un accord vendredi qui ouvrira la voie à la signature du CETA"
Donald Tusk
Président du Conseil européen

"Nous vivons un moment délicat", a reconnu le Premier ministre à son arrivée. "La Wallonie est le dernier endroit en Europe où on s'oppose à ce qui est sur la table. En ce moment-même, les dernières propositions ont été envoyées au gouvernement wallon, je m'en suis assuré."

Michel a assuré qu'il respecterait les accords de coopération avec les entités fédérées en cas de "non" wallon à la signature du CETA, mais a reconnu que la position de la Belgique au sein des 28 ne sortirait pas renforcée de cet épisode.

Soutien à la Wallonie

88 députés européens ont signé une lettre visant à exprimer leur "soutien plein et entier" au parlement de Wallonie et au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans leur refus de déléguer leurs pleins pouvoirs au gouvernement fédéral pour la signature du CETA.

En rejetant l'ultimatum imposé par la Commission européenne ainsi que les diverses menaces formulées ces derniers jours, vous êtes parvenus à rendre visible une vitalité démocratique.
Lettre de soutien à la Wallonie

"Cet accord, négocié dans l'opacité et sans la consultation des élus représentant les citoyens européens, cristallise un grand nombre d'enjeux démocratiques. Au delà des réserves que vous avez exprimées, vous avez la volonté de remettre le débat au cœur des processus décisionnels", peut-on lire dans cette lettre. "En rejetant l'ultimatum imposé par la Commission européenne ainsi que les diverses menaces formulées ces derniers jours, vous êtes parvenus à rendre visible une vitalité démocratique", ajoute-t-elle. Les Belges Bart Staes (Groen), Philippe Lamberts (Ecolo), Kathleen Van Brempt (sp.a), Marie Arena (PS), Marc Tarabella (PS), Hugues Bayet (PS) et Claude Rolin (cdH) figurent parmi les signataires.

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