interview

"Demain, la Belgique ne négociera pas mieux toute seule face au Canada"

Emmanuel Macron ©AFP

Emmanuel Macron est de passage à Bruxelles. Il rappelle son attachement à l'Europe et ses institutions, mais souligne toutefois l'intérêt des questions de fonds soulevés par la Wallonie sur le Ceta.

Emmanuel Macron, l'ancien ministre français de l'Économie, de passage à Bruxelles affirme au micro de Martin Buxant sur Bel RTL être un fervent défenseur de l'Europe. "Je veux résolument de l'Europe. La France comme la Belgique sont grandes dans l'Europe. C'est un rêve politique unique construit dans l'après-guerre. Mais ces dernières années, cette Europe a un peu trahi ce rêve. Je suis donc résolument pour une Europe, mais il faut changer cette Europe."

Pour ce faire, Emmanuel Macron entrevoit une Europe plus démocratique. "Les gouvernements nationaux ont accepté de dépolitiser l'Europe laissant parfois la place à des décisions technocratiques". Emmanuel Macron entend ainsi se tourner vers le peuple européen pour lui demander sa vision de l'Europe de demain. "Avoir un débat démocratique pendant 6 à 8 mois. Ensuite, établir une feuille de route d'une dizaine de pages sur ce projet qu'on soumettra pour voir si chacun est prêt à avancer là-dessus. Si certains ne le sont pas, qu'ils laissent les autres le faire. Il ne faut empêcher d'aller plus loin."

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L'ancien ministre français rappelle que l'Europe s'est construite avec quelques-uns prêts à aller de l'avant. "Les autres se disaient: cela à l'air de marcher, on les suit. Cette dynamique, d'une Europe à multiples vitesses qui propose et qui avance, est meilleure."

Et que penser alors du blocage wallon face à l'accord économique et commercial négocié avec le Canada (Ceta)? "Je comprends très bien les arguments soulevés sur le fond par le Parlement et le gouvernement wallons. Ils mettent en évidence des préoccupations réelles". Il rappelle toutefois que cet accord a été des années durant négocié par la Commission, dont c'est la responsabilité. "C'est sa compétence, nous l'avons décidé ainsi: demain, la Belgique ne négociera pas mieux toute seule face au Canada. Je suis donc très attaché à ce que la politique commerciale reste communautaire, car elle est plus efficace."

Toutefois, s'il reconnaît que cet accord améliore la nature de la relation entre l'Europe et le Canada, il attend que les points de fond, soulevés par la Wallonie, soient discutés avec la commissaire européenne "en toute transparence" et aboutissent à des réponses.

Emmanuel Macron a par ailleurs rencontré plusieurs Français de Belgique. L'homme est en effet en quelque sorte en tournée de promotion de son mouvement et de ses idées. "Je crois à la refondation d'une offre politique. Ce que je porte en France, c'est une offre politique nouvelle qui consiste à dire que le clivage entre la droite et la gauche, ne permet plus de répondre aux défis du moment: le rapport à l'innovation, le rapport aux inégalités, le rapport à l'Europe, le rapport à la sécurité dans une économie ouverte."

Il se déclare ainsi "de la gauche progressiste" et souhaite se rallier tant avec des écologistes, des radicaux, des gens du centre que des gens de la droite progressiste.

Et donc la question qui est sur toutes les lèvres: Emmanuel Macron est-il candidat à la présidentielle?  "La question personnelle posée viendra en son temps, mais elle impose d'abord d'avoir une vision claire, une offre politique claire et un mouvement structurel. Je suis candidat à la refondation d'une offre politique."

Une nouvelle vision, qui il l'affirme, permettra aux exilés fiscaux français en Belgique de rentrer au pays.

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