Koen Geens sur les Tueurs du Brabant: "Trop de choses restent inachevées et non éclaircies"

Le ministre de la Justice Koen Geens a été entendu en commission Justice de la Chambre ce mardi. Une audition qui faisait suite aux dernières révélations sur les tueries du Brabant. Pour le ministre, c'est "une piste intéressante", bien qu'il faille faire "attention aux attentes démesurées."
  • Le point sur la déclaration du ministre

    La piste de l'ancien gendarme d'Alost dans le dossier des "Tueurs du Brabant" est "assurément intéressante", a indiqué Koen Geens devant la commission de la Justice de la Chambre, avant d'inviter à la prudence et à se garder de toute "attente démesurée".

    Devant les députés, le ministre a livré une série d'éléments relatifs à l'enquête.

    • Le 28 février 2017, le frère du gendarme décédé deux ans plus tôt a été entendu par les enquêteurs. Il a expliqué que son frère lui avait fait comprendre qu'il aurait participé aux faits du Brabant wallon et que le groupe Diane serait impliqué dans les faits. Il a également évoqué une déstabilisation de l'Etat. Il a décrit son frère comme grand et parlant correctement français.
    • Il est également ressorti des déclarations du ministre qu'en 2000, un prélèvement de salive avait été effectué sur le gendarme et que ses empreintes digitales avaient été relevées. Les comparaisons de ces dernières avec celles contenues dans le dossier ont été négatives. Une analyse génétique a été réalisée 2017 mais n'a donné aucun résultat.
    • Le ministre a rappelé qu'il a rencontré à plusieurs reprises non seulement les magistrats et les enquêteurs mais aussi les familles des victimes. Il attache, dit-il, une grande importance à cette affaire, y compris parce qu'elle a peut-être visé l'Etat. "Trop de choses restent inachevées et non éclaircies. L'année dernière, après avoir quitté la commémoration annuelle à Alost, j'ai pu surtout constater l'espoir qui était toujours présent chez de nombreuses personnes. C'est la raison pour laquelle la moindre information doit être exploitée, mais aussi pour la crédibilité de la Justice, et parce qu'il est possible que les tueries du Brabant wallon visaient également l'Etat", a déclaré Geens.
    • Le mois suivant son entrée en fonction, le ministre a eu une première réunion avec le Procureur général de Liège, qui supervise le dossier, et son équipe. "Il m'est apparu évident qu'une série de stratégies d'enquête n'avaient livré aucun résultat satisfaisant, qu'il y avait eu des tentatives de manipulation de l'enquête, alors que les victimes et leurs proches me faisaient bien comprendre qu'ils n'avaient pas été suffisamment entendus par le passé", a-t-il encore dit.
  • Fin du live

    C'est la fin de ce live. Merci à tous de nous avoir suivi.

    Passez une bonne fin d'après-midi.

  • Après le discours de Koen Geens, certains députés demandent une nouvelle commission d'enquête, ce à quoi le ministre ne se dit pas réellement favorable.

    Ils doivent maintenant établir l'agenda de leurs futurs travaux à propos de cette affaire. Tous les députés s'accordent sur le fait qu'ils doivent se pencher en profondeur sur cette affaire et auditionner le ministre dans les prochains jours. Aucune date n'a toutefois encore été arrêtée.

  • Fin de l'audition de Koen Geens

  • "Ne soyons pas trop sévères avec les enquêteurs"

    "Ne soyons pas trop sévères avec les personnes qui essayent de mener cette enquête à son terme. Nous héritons d'un dossier qui a démarré alors que les techniques d'investigation étaient encore très limitées. Les gens qui travaillent sur le dossier aujourd'hui étaient encore jeunes au moment des faits, il s'agissait d'enfants", indique encore Koen Geens.

    "Je vous tiendrai régulièrement informé de l'état d'avancement de l'enquête", a conclu le ministre.

  • "Attention aux attentes démesurées"

    "C'est une piste assurément intéressante, mais attention aux attentes démesurées", a affirmé Koen Geens.

  • "Trop de choses restent inachevées et non-éclaircies"

    "La piste exposée depuis février est intéressante. Certains y croiront, d'autres non. Trop de choses restent inachevées et non-éclaircies", explique Koen Geens.

    "Il y a toujours de l'espoir chez les familles des victimes, c'est pour cette raison que nous devons continuer à exploiter toutes les pistes. Et aussi parce que c'est peut-être l'Etat qui était visé également. Mes services n'ont jamais baissé la garde."

  • "Le procureur du roi de Liège m'a confirmé le témoignage du frère de l'ex-gendarme"

    "Le procureur du roi de Liège m'a confirmé le témoignage du frère de l'ex-gendarme. Il m'a dit que celui-ci avait fait comprendre à son frère qu'il était impliqué dans les affaires des tueries du Brabant et que le groupe de Diane était impliqué également. Cet ex-gendarme en question était blessé et absent de son poste à la gendarmerie le jour de l'attaque dans le Delhaize d'Overijse", indique le ministre de la Justice.

    "Lors des dernières années de sa vie, l'ex-gendarme vivait en colocation avec un homme qui a récupéré l'ordinateur de ce dernier à sa mort. Les enquêteurs ont récupéré l'appareil mais aucun élément exploitable n'a été découvert", explique-t-il.

  • "Une attaque envers l'Etat"

    "Les tueries du Brabant étaient tellement inhumaines qu'on parlait même d'une attaque envers l'Etat. Le motif de ces attaques était flou. L'enquête a patiné et les deux commissions d'enquête n'ont rien donné. Il apparaissait pour de nombreuses personnes que les auteurs n'étaient pas dans la gendarmerie. Pour d'autres, c'était le cas", déclare Koen Geens.

    "Je me suis intéressé à ce dossier dès le début de mon mandat de ministre de la Justice. Je suis souvent en contact avec les procureurs généraux de Liège et de Mons. La prescription pour ce type de fait a été prolongée de 10 ans. A ma demande, le gouvernement prépare un projet sur les repentis et les infiltrants civils. Mais c'est difficile à cause des traditions de travail qui passent par le recueil de nombreux avis", poursuit-il.

  • Le ministre de la Justice commence par quelques explications sur le nouveau projet de loi sur la possession d'armes à feu. Il passera ensuite à l'enquête sur les tueries du Brabant.

  • L'audition commence

  • Koen Geens sera auditionné à 14h35

  • Espoir pour les familles des victimes

    Patricia Finné, fille d'une des 28 victimes des tueries, a salué "la première révélation vraiment sérieuse depuis trente ans". "J'espère vraiment que cela va aboutir à démanteler le restant de la bande, qu'ils soient morts ou non", a-t-elle confié à plusieurs médias.

    "On m'a toujours dit que la gendarmerie était dans le coup, de par le modus operandi, les techniques de tirs", a aussi fait valoir cette femme, dont le père avait été tué à l'automne 1985 à Overijse, dans l'une des dernières attaques imputées au groupe.

  • Un lien potentiel avec l'extrême droite

    Het Laatste Nieuws rapportait lundi que "des dizaines d'anciens collègues de Christiaan Bonkoffsky sont interrogés", à Alost, où il exerçait, et parmi ses ex-compagnons de l'unité d'élite de la gendarmerie connue sous l'appellation "groupe de Diane". Ce groupe, aujourd'hui dissous est depuis longtemps au coeur de l'enquête.

    Plusieurs de ses membres étaient réputés proches de l'extrême droite, qui aurait pu, par le biais des "Tueurs du Brabant", mener une entreprise de déstabilisation de l'Etat belge à l'époque.

  • Un nouveau témoignage "pris très au sérieux"

    La justice a assuré prendre "très au sérieux" la dernière piste ayant émergé dans la tentaculaire enquête sur les tueries du Brabant dans les années 80, avec le témoignage du frère d'un ancien gendarme d'Alost qui lui aurait confié avant de mourir y avoir participé. Il s'agirait de Christiaan Bonkoffsky, aussi appelé "le Géant".

    Entre 1982 et 1985, une série de braquages et de cambriolages de commerces commis par des hommes masqués, la "Bande de Nivelles" aussi appelés les "Tueurs du Brabant", avaient fait au total 28 morts.

  • Bonjour à toutes et à tous, 

    Bienvenue pour suivre avec nous l'audition du ministre de la Justice Koen Geens devant la commission Justice de la Chambre. Il doit s'exprimer sur les récentes révélations à propos de l'affaire des tueurs du Brabant.

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