Le Comité P pourrait rejoindre l'équipe qui enquête sur les tueurs du Brabant

Pour le ministre de la Justice, Koen Geens, la piste qui a été exposée depuis février "est assurément intéressante". ©BELGA

Le ministre de la Justice est venu à la Chambre faire le point sur l’enquête sur les tueurs du Brabant. L’équipe d’enquêteurs pourrait être renforcée. Et le Comité P mis sur le coup.

Sollicité par le PS et par le groupe Ecolo-Groen pour venir faire le point sur l’enquête à propos des tueurs du Brabant suite aux récents rebondissements de l’enquête, le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), était attendu de pied ferme hier en commission Justice à la Chambre. Le moins que l’on puisse dire est que le ministre n’a pas tourné autour du pot. Confronté à ce dossier depuis qu’il a hérité du portefeuille de la Justice, Koen Geens a expliqué aux parlementaires qu’il lui était "apparu évident qu’une série de stratégies d’enquête n’avaient livré aucun résultat satisfaisant" et "qu’il y avait eu des tentatives de manipulation de l’enquête". Voilà pour le contexte général.

"Il y a eu des tentatives de manipulation de l’enquête".
koen geens
ministre de la justice

Rappelant au passage qu’il avait obtenu un allongement de dix ans concernant la prescription pour ce type de faits, le ministre de la Justice a ensuite lu un communiqué validé par le procureur général de Liège, en charge de l’enquête sur les tueurs du Brabant. En réalité, une chronologie précise concernant cette nouvelle piste sur celui que l’on suspecte avoir été le "géant" de la bande, par ailleurs ancien de la brigade d’intervention Diane ayant ensuite rejoint les rangs de la brigade d’Alost. Cette personne est décédée il y a deux ans. La piste du géant arrive dans le dossier le 22 février 2017, date à laquelle une des victimes de la tuerie d’Alost affirme avoir eu un contact avec un témoin qui explique avoir parlé au frère du "géant" après que celui-ci lui aurait avoué, sur son lit de mort, faire partie de la bande des tueurs du Brabant.

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Piste intéressante

Les enquêteurs remonteront alors la piste du frère du "géant" qui sera interrogé trois fois entre février et mai 2017. Lors de son troisième interrogatoire, il s’est montré affirmatif quant à la participation de son frère aux attaques des tueurs du Brabant qui ont terrorisé la Belgique entre 1982 et 1985. Koen Geens a précisé que le dossier personnel du gendarme ainsi que son dossier médical ont été saisis, preuve que la piste est prise très au sérieux.

CHRONOLOGIE

Les Tueurs du Brabant: 35 ans d'enquête

L'enquête connaît un rebondissement depuis que le frère d'un ex-gendarme, suspecté d'être un des tueurs, a témoigné. Voici un aperçu de ce qui a été la plus grande vague de crimes du XXe siècle dans notre pays.

Un prélèvement de salive effectué sur le gendarme en 2000 (son nom était déjà apparu dans le dossier, NDLR) et ses empreintes digitales n’ont délivré aucun résultat, a encore expliqué le ministre de la Justice. Il a également précisé que les enquêteurs avaient récolté les éléments disponibles dans le dossier concernant les gendarmes et les membres du groupe Diane en vue de les rattacher au gendarme.

Enfin, l’ordinateur du gendarme suspecté d’avoir été le "géant" a été récupéré auprès de l'un de ses anciens colocataires, mais cette piste n’a pas abouti. Une caravane basée à Cerfontaine, offerte par l’ancienne compagne du gendarme, a également été fouillée, sans résultat. Mais la piste reste sérieuse. Le ministre de la Justice le dit lui-même: "La piste qui a été exposée depuis février est assurément intéressante, a-t-il déclaré. Nous avons tous reçu un héritage maculé d’une époque où l’éthique et les techniques d’investigation étaient différentes de celles d’aujourd’hui et surtout s’il existait une infime possibilité que des personnes de la maison y étaient impliquées."

Tenant à assurer qu’il n’y aurait aucune volonté d’étouffement, le ministre de la Justice a assuré qu’il était disposé à renforcer l’équipe d’enquêteurs œuvrant toujours à l’établissement de la vérité 35 ans après la première attaque! Koen Geens a également fait savoir que le service d’enquête du Comité P (la police des polices) pouvait être mis sur la brèche "étant donné les indications d’une implication éventuelle de (anciens) fonctionnaires de police".

À l’issue de cette déclaration, les parlementaires ont souhaité soumettre le ministre de la Justice au feu des questions, mais tenu par les limites de l’enquête en cours, celui-ci a préféré postposer l’exercice à mardi prochain, lendemain d’une nouvelle rencontre avec le collège des procureurs généraux. Rendez-vous est pris, donc. Au passage, Olivier Maingain (DéFI) a demandé au ministre de la Justice s’il accordait toujours sa confiance au travail des enquêteurs et du procureur général de Liège, Christian de Valkeneer. Le ministre n’a pas répondu, l’enquête continue.

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