La KUL sur la liste noire d'Erdogan

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La Turquie refuse de reconnaître les diplômes délivrés par l'université de Louvain en raison de l'existence d'une chaire Gülen pour les études interculturelles.

La Turquie s'appuie sur ses "conseillers religieux" pour surveiller les opposants au président Recep Tayyip Erdogan dans 38 pays, dont la Belgique, rapporte samedi Le Soir. Le quotidien s'est procuré le rapport, de huit pages, rédigé à l'en-tête de l'ambassade turque de Bruxelles et son conseiller aux affaires religieuses.

Le rapport en question désigne le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, tenu responsable par Ankara du putsch raté de l'été dernier en Turquie, d'"organisation terroriste" et épingle la coupole associative Fedactio et les quelque soixante associations qu'elle regroupe. Le rapport nomme exhaustivement les associations, évalue leur force, leurs éventuels revers et épingle quelques personnes physiques. Le rapport acte les désinscriptions massives d'étudiants dans les écoles gülenistes de Flandre.

La KUL dans le viseur turc

Le conseiller s'inquiète aussi de l'existence d'une "chaire Gülen pour les études interculturelles" établie au sein de la faculté de sciences sociales de l'université de Leuven (KUL). D'après le quotidien flamand Het Laatste Nieuws, cela fait déjà un petit temps que la KU Leuven se trouve sur une liste noire d'universités "terroristes" établie par Ankara. Du coup, les diplômes de l'université n'ont aucune valeur en Turquie. Une étudiante turque ayant obtenu son diplôme à la KUL en a fait l'amère expérience en début d'année. Au moment où la liste noire des universités européennes a surgi dans la presse turque, on lui a signifié que son diplôme ne serait pas reconnu.

Le recteur de la KUL Rik Torfs s'est rendu fin janvier à l'ambassade de Turquie à Bruxelles pour discuter du problème. "L'ambassadeur nous a assuré que nos diplômes seraient reconnus. Nous le croyons sur parole."

En Belgique, des agissements comme celui du conseiller religieux de l'ambassade turque sont assimilables à de l'ingérence, observe Le Soir.

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