La Turquie va porter plainte "partout"

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La Turquie menace les Pays-Bas de diverses sanctions, suite aux interdictions de meetings pro-Erdogan.

La Turquie va porter plainte contre les Pays-Bas pour violation du Traité de Vienne auprès des Nations Unies, de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et du Conseil de l'Europe, selon le journal turc Hürriyet. Lundi déjà, le gouvernement turc avait assuré vouloir porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'Homme.

• Le Traité de Vienne fixe le statut des diplomates et leur immunité. .

Ankara a aussi annoncé lundi soir une série de mesures de rétorsion visant les Pays-Bas, en vertu desquelles les rencontres bilatérales sont suspendues au niveau des ministres et des hauts dirigeants, et l'ambassadeur néerlandais, actuellement absent de Turquie, est déclaré indésirable. Le gouvernement néerlandais étudie ces sanctions.

Nous leur faisons exactement ce qu'ils nous ont fait.
Numan Kurtulmus
Vice-Premier ministre

• Quelles sanctions?

Voici ce que l'on en sait:

→ Le gouvernement d'Ankara, a détaillé le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus, va demander au parlement turc de dénoncer le traité d'amitié unissant la Turquie et les Pays-Bas.

"Nous leur faisons exactement ce qu'ils nous ont fait. Nous n'autorisons pas les avions transportant des diplomates néerlandais à se poser en Turquie ou à entrer dans notre espace aérien. Ceux qui ont provoqué cette crise ont la responsabilité de la régler."

→  L'ambassadeur néerlandais en Turquie est désormais persona non grata à Ankara, "jusqu'à ce que les conditions" posées par la Turquie "soient remplies". La Turquie a également annoncé l'exclusion des diplomates néerlandais de son espace aérien, et le gouvernement a appelé le parlement à dénoncer le traité d'amitié existant entre les deux pays, alors que les rencontres bilatérales de haut niveau sont mises à l'arrêt.

→ Le ministre turc des Affaires européennes Omer Celik a par ailleurs évoqué un possible "réexamen" de l'accord passé avec l'Union européenne en mars 2016 pour endiguer le flux de migrants tentant d'atteindre l'Europe via la Turquie.

Une menace voilée qui ne semble pas impressionner Mark Rutte. "Nous entendons cela constamment. Ce deal est également dans l'intérêt de la Turquie. Nous aidons à l'accueil de Syriens en Turquie. Nous faisons quelque chose ensemble pour résoudre le problème".

 

• Pourquoi?

La crise diplomatique entre la Turquie et les Pays-Bas a été déclenchée suite au refus de ces derniers de laisser des ministres turcs venir s'exprimer en territoire néerlandais pour y convaincre la diaspora turque de voter "oui" au prochain référendum pour un renforcement des pouvoirs présidentiels.

Le gouvernement turc, furieux d'avoir vu notamment l'avion de son ministre des Affaires étrangères empêché d'atterrir sur le sol néerlandais durant le week-end, a formulé des critiques de plus en plus virulentes à l'encontre des autorités néerlandaises mais également de l'Allemagne, ou des meetings pro-Erdogan ont été interdits.

 

• Comment réagissent les Pays-Bas?

 Le Premier ministre néeerlandais Mark Rutte, s'exprimant dans la cadre du programme RTL Late Night, a toutefois indiqué qu'il ne pouvait pas encore commenter de manière détaillée, sur le fond, les sanctions turques, vu que celles-ci viennent seulement d'être annoncées. Il a malgré tout souligné qu'elles ne touchaient pas au domaine économique. "Nous avons énormément d'investissements là-bas, nous y sommes premiers ou deuxièmes à ce niveau. Je comprends donc qu'ils ne visent pas cela", a-t-il précisé.

Dimanche, devant l'ambassade des Pays-Bas en Turquie. ©EPA

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