Le passé de Romney dans les affaires vire au handicap de campagne

(© Mario Tama)

Les années passées par Romney à la tête de Bain Capital sont utilisées par le camp Obama pour diaboliser le républicain. Or, ce dernier espérait faire valoir son passé dans les affaires...

L'expérience du monde des affaires de Mitt Romney aurait dû représenter l'un des principaux atouts du candidat républicain à la présidence des Etats-Unis, alors que la reprise économique hésitante continue à inquiéter les électeurs américains, comme l'attestent tous les sondages.

Cela faisait en tout cas partie des plans électoraux de l'ancien gouverneur du Massachusetts qui n'a cessé de mettre en avant son passé d'homme d'affaires - en évoquant à peine ses années passées à la tête du Massachusetts - pour se présenter comme le candidat le plus à même de gérer l'économie américaine et de la sortir durablement de l'ornière. Au lieu de cela, les quinze années passées à la tête du fonds d'investissement Bain Capital pourraient se retourner contre Romney si les manoeuvres du camp démocrate visant à diaboliser ce genre d'activité économique devaient finir par faire mouche auprès de l'électorat.

Cela fait plusieurs semaines que l'équipe de campagne de Barack Obama tente en effet d'empêcher le républicain de faire valoir sa casquette d'ex-grand patron pour se positionner sur le front économique, preuve que cette partie du CV de Romney pourrait être un sérieux atout. Plusieurs spots de campagne financés par l'équipe Obama, ou les organisations soutenant sa candidature accusent Romney d'avoir vampirisé des entreprises rachetées par Bain Capital en favorisant l'intérêt des investisseurs au détriment de celui des travailleurs et d'avoir entraîné la perte de milliers d'emplois.

Le président est même monté au créneau à la clôture du sommet de l'Otan à Chicago dimanche. "Si votre principal argument pour faire croître l'économie est que vous saviez comment faire beaucoup d'argent aux investisseurs, vous ne comprenez pas ce dont il s'agit dans ce poste (de président)", a-t-il déclaré.

La riposte de Romney

Des attaques contre lesquelles Mitt Romney tente de se défendre mais qui persistent. Dans une récente interview à Time Magazine, il s'en prend directement au président américain. "Quelqu'un qui a fait sa carrière dans l'économie est mieux outillé pour réparer l'économie que quelqu'un qui a passé sa vie dans le milieu de la politique ou comme organisateur communautaire", a-t-il déclaré, avant de promettre de faire tomber le taux de chômage à 6% d'ici la fin de sa présidence s'il remportait l'élection du 6 novembre (contre un taux de 8,1% aujourd'hui).

Romney a également répliqué en s'attaquant à une nouvelle cible: l'enseignement. S'exprimant mercredi devant des hommes d'affaires latino-américains à Washington DC, Romney a accusé le président Obama d'avoir entraîné "la tiers-mondisation" de l'enseignement aux Etats-Unis.

Le sujet atteint la campagne Obama en plein coeur, alors que ce dernier se présente comme le champion de la classe moyenne, une catégorie de la population qui est particulièrement touchée par les problèmes dans les écoles des grandes villes ou par la problématique de l'endettement d'étudiants confrontés à des frais d'inscription universitaires toujours plus élevés.

Stratégie risquée pour Obama

Le président devrait par ailleurs prendre garde à ce que sa stratégie ne se retourne pas contre lui, alors que ses relations en dents de scie avec le milieu des affaires pourraient lui coûter de nombreuses voix aux élections et, avant cela, de précieux soutiens financiers. Le camp républicain en est bien conscient et tente dès lors de présenter les propos du camp Obama contre les fonds d'investissements comme des attaques contre la libre-entreprise.

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