Stopper le flux migratoire alourdira le coût du vieillissement

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Les projections démographiques du Bureau du Plan à l’horizon 2060 montrent que sans apport migratoire, la facture du vieillissement augmentera.

Sans migration internationale, la Belgique verrait sa population diminuer à long terme, ce qui augmenterait la facture du vieillissement de la population. C’est ce que montrent les nouvelles projections démographiques du Bureau fédéral du Plan.

Le point de départ du Bureau du Plan, c’est le scénario de référence utilisé par le Comité d’étude du vieillissement (CEV), qui évalue le coût supplémentaire engendré par le vieillissement à 3,2% du Produit intérieur brut (PIB) en 2040 et 2,3% du PIB en 2060. Autrement dit, le coût du vieillissement, qui était en 2016 de 25,3% du PIB passerait à 28,5% du PIB en 2040 avant de se tasser à 27,6% en 2060. Ces coûts supplémentaires concernent essentiellement les soins de santé et les pensions.

Ce scénario de référence tient compte d’une immigration de 150.000 personnes par an et d’une émigration de 130.000 personnes par an, soit un solde migratoire positif de 20.000 personnes par an jusqu’en 2060. Ce qui porterait la population en Belgique à 13 millions d’âmes. Vingt mille personnes par an en plus issues de l’immigration, cela peut paraître beaucoup, "mais c’est normal compte tenu de l’augmentation de la population mondiale qui exercera une pression migratoire sur les frontières de l’Europe", précise Johan Duyck, expert auprès de la cellule démographie du Bureau du Plan.

Scénarios alternatifs

À partir de là, le Bureau du Plan a bâti une série de scénarios alternatifs pour vérifier l’impact sur les dépenses sociales liées au vieillissement.

Ainsi, par exemple, il est possible que le taux de fécondité soit plus faible. Depuis la crise de 2008, le nombre de naissances par femme a diminué. Le CEV prévoit un retour à la normale avec la fin de la crise. Mais il est tout à fait possible que cette baisse de fécondité ne soit pas liée à la crise, mais au recul de l’âge de la maternité ou à un mode de vie plus actif pour les femmes.

Tout comme il est possible que les flux migratoires se tarissent. L’hypothèse retenue par le Bureau du Plan, ainsi que par Eurostat, est celle d’une immigration tendant vers zéro à l’horizon 2150, du fait que l’ensemble des pays de la planète auraient réussi à faire converger leurs niveaux de vie respectifs.

Coûteux vieillissement

Dans ces deux cas de figure, le coût du vieillissement augmenterait. Dans le cas d’une baisse de la fécondité, le coût resterait stable en 2040 mais grimperait de 0,3% en 2060. Dans le cas d’un tarissement progressif du flux migratoire, le surcoût du vieillissement serait de 0,2% en 2040 et de 0,5% en 2060.

400.000 personnes
Si le gouvernement devait décider d’un gel de l’immigration, la population belge diminuerait de 400.000 âmes d’ici 2060.

Ce poids accru résulterait non pas d’une hausse de la facture en chiffres absolus, mais d’une moindre progression du PIB. Une population active en recul offre, en effet, de moins bonnes perspectives de croissance économique. Dans ces deux scénarios, le poids des dépenses d’allocations familiales se réduirait fort logiquement par rapport au scénario de référence.

Enfin, il y a le scénario – peu probable – d’un gel immédiat de l’immigration. Auquel cas, la population belge diminuerait de 400.000 âmes à 10,8 millions en 2060. Autrement dit, sans immigration, notre population ne peut que diminuer.

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