La piste du sang pour diagnostiquer le cancer colorectal

©doc

Avec le vieillissement de la population, le cancer colorectal gagne du terrain. Près de 10.000 nouveaux cas sont détectés chaque année en Belgique. Chez nous, DNAlytics et Belgian Volition travaillent à accélérer ce processus de diagnostic qui peut s’avérer vital.

C’est un fait. Comme pour toutes les maladies, plus tôt le cancer colorectal est diagnostiqué, plus vite on peut espérer en venir à bout. Et au final, moins cher cela coûtera en traitements à la sécurité sociale, mais aussi en perte de qualité de vie pour les patients.

Le problème, c’est que le dépistage est loin de remporter un succès de masse. "En Fédération Wallonie-Bruxelles, 1,1 million de personnes sont potentiellement concernées par ce dépistage ciblé", précise le coordinateur du Centre communautaire de référence pour le dépistage du cancer. Dans les faits, seuls 17 à 20% d’entre elles sont effectivement suivies.

Des Belges sur le coup

Le cancer du côlon

Avec le vieillissement de la population, le cancer colorectal gagne du terrain en Belgique. "Il est responsable chez nous d’environ 3.000 décès par an, soit 11% des décès, tous types de cancers confondus", indique Michel Candeur, coordinateur du Centre communautaire de référence pour le dépistage du cancer en Fédération Wallonie-Bruxelles. En 2014, quelque 9.700 nouveaux cas ont été diagnostiqués dans le pays. "Il est actuellement le 2e type de cancer le plus meurtrier chez les femmes, après le cancer du sein, et le 3e chez l’homme après le cancer de la prostate et celui du poumon. En FWB, son dépistage (gratuit) passe par l’examen d’un échantillon de selles. Il est organisé par le Centre communautaire de référence, et cible en priorité les personnes âgées de 50 à 74 ans. Ce sont des traces de sang, signant une lésion intestinale et éventuellement un cancer, qui sont recherchées. Lorsque le test est positif, une coloscopie est alors prescrite pour confirmer, ou infirmer, la suspicion de cancer. Les médecins peuvent alors agir utilement.

La technique proposée n’est-elle pas en cause? Il faut prélever un échantillon de selles pour les faire analyser, ce qui peut être source de blocages… Pour simplifier ce dépistage, deux jeunes sociétés wallonnes travaillent actuellement sur l’élaboration d’un nouveau test de dépistage de ce type de cancer: un simple test sanguin.

DNAlytics à Louvain-la-Neuve et Belgian Volition, installée depuis peu au Parc scientifique Crealys, près de Gembloux, ont suivi des voies parallèles, mais distinctes, pour élaborer leur kit de dépistage.

DNAlytics vise à identifier dans le sang la signature génétique des cellules cancéreuses tandis que Volition recherche d’autres types de biomarqueurs, des protéines. "Il s’agit plus spécifiquement de ‘nucléosomes circulants’ provenant des cellules cancéreuses et qui sont relarguées dans le système sanguin", explique Gaëtan Michel, docteur en chimie de l’Université de Namur et CEO de Belgian Volition.

"Le but de notre test est de détecter le plus précocement possible, via une simple analyse sanguine, un éventuel cancer colorectal. S’il est détecté au stade 1, les chances de survie du patient à 5 ans sont de 97%. Au stade 4, ses chances tombent à 7%…"

Pour valider son test, Volition compte sur trois études lancées au Danemark sur des patients symptomatiques, mais aussi sur des sujets neutres (dépistage/screening). "Nous espérons décrocher le label ‘CE’dans le courant de l’année 2018", précise le Dr Michel.

©Science Photo Library

Chez DNAlytics, c’est une autre (belle) histoire qui s’écrit dans ce domaine. La société louvaniste exploite en réalité les résultats d’une recherche menée à la KULeuven qui a été soutenue de longue date par la Fondation belge Fournier-Majoie. Cette Fondation, qui vient de fêter ses dix ans, s’est donné comme mission d’aider les chercheurs qui tiennent de bons résultats académiques à les transformer en un produit réellement utile aux patients et à la médecine. Son fer de lance, c’est précisément les biomarqueurs du cancer!

Le colonokit, le kit de dépistage du cancer colorectal de DNAlytics, en est un des premiers résultats palpables. Dès 2018, ce test devrait lui aussi passer le cap des tests cliniques, mais en Belgique cette fois.

Au Centre communautaire de référence pour le dépistage du cancer colorectal, on suit avec intérêt cette évolution du Colonokit. "Pas pour remplacer le test actuel de dépistage", y dit-on. "Mais bien pour confirmer, en cas de premier test positif qu’il y a bien une suspicion de cancer avant d’orienter le patient vers une coloscopie".

Avant de remplacer directement le test fécal par une simple prise de sang? "Pas dans l’immédiat, estime Michel Candeur, coordinateur du Centre. C’est aussi une question de coût de ce type de test".

Deux tests de biocartis pour mieux cibler les thérapies

La société de diagnostic moléculaire Biocartis vient d’annoncer le lancement de deux tests de biopsie liquide destinés aux patients atteints de cancer colorectal. Les deux nouveaux outils ne sont pas des tests de première ligne. Ils s’adressent à des patients qui ont déjà été diagnostiqués pour un cancer colorectal avec des métastases. Ils servent à détecter des anomalies génétiques au sein des cellules cancéreuses, qui constituent une information précieuse permettant d’orienter le diagnostic et le traitement. Actuellement, la recherche de ces mutations est réalisée à partir d’échantillons prélevés lors d’une biopsie ou d’une chirurgie. O.G.

 

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