Objectif pour Bruxelles: être LA région "entrepreneurs friendly"

©Photo News

Il y a 30 ans, les industries délaissaient Bruxelles pour la périphérie. Aujourd’hui, la ville mue et connaît un nouvel essor, avec le plus haut taux de création d’entreprises belge.

"Bruxelles est une ville fantastique pour entreprendre." Cette affirmation de Bruno Wattenbergh, manager d’Impulse – l’organisme de soutien de l’entrepreneuriat à Bruxelles –, se traduit facilement en chiffres. La métropole bruxelloise ressort en 14e position sur 262 parmi les métropoles européennes les plus compétitives. Bruxelles et ses 19 communes comptent un peu plus de 80 entreprises par 1.000 habitants. "Nous avons le plus haut taux de création d’entreprises par 1.000 habitants de Belgique et le stock continue d’augmenter." En 2014, plus de 5.700 entreprises assujetties à la TVA ont ainsi été créées sur les 164 km² bruxellois.

"Un gros travail a été fait au niveau d’Innoviris pour donner une véritable offre et garder ces spin-offs à Bruxelles."
Bruno Wattenbergh
directeur d’Impulse

Pourquoi un tel engouement pour Bruxelles? La capitale belge a la taille d’une ville de province européenne, mais tous les services offerts par une ville internationale de 5 millions d’habitants, reconnaît Bruno Wattenbergh. "Bruxelles a le plus grand centre d’interprétariat au monde, avec les 18 langues de la Commission européenne et toutes celles des organismes de lobbying et autres consultances. Même New York et les Nations unies ne font pas mieux", ajoute Serge Vilain, directeur de la Société régionale d’investissements de Bruxelles (SRIB).

L’entrepreneur a aussi le souci d’être proche de ses clients. Après une vague de départs d’entreprises pour la périphérie, dans les années 90, on voit donc de plus en plus d’entreprises parier à nouveau sur le centre urbain. Mais s’installer à Bruxelles a un coût: l’immobilier y est plus cher et il existe de nombreuses taxes liées à certaines activités.

Bruxelles, ville de services

Alors qu’en 30 ans les acteurs industriels ont délaissé la ville au profit de la périphérie, Bruxelles est désormais dominée par l’activité tertiaire avec une prolifération de nouveaux acteurs IT, de consultance et autres services aux entreprises.

©MEDIAFIN

L’horeca et le commerce occupent aussi une place importante dans les secteurs privilégiés par les jeunes entrepreneurs. Les concepts de magasins bio et micro-brasseries ont la cote. "C’est lié à une véritable évolution de société, de plus en plus demandeuse de produits alimentaires de qualité, quitte à en manger moins. Le raccourcissement des circuits de production est aussi visé", insiste Serge Vilain.

Ville universitaire, Bruxelles compte aussi de nombreuses spin-offs particulièrement à la pointe en matière de santé ou de "medical devices". "Le souci c’est que les spin-offs bruxelloises ont souvent le choix de s’implanter en Flandre ou en Wallonie. Un gros travail a donc été fait au niveau d’Innoviris (l’organisme bruxellois de promotion et de soutien de l’innovation technologique, NDLR) pour donner une véritable offre et garder ces spin-offs à Bruxelles", explique Bruno Wattenbergh.

Mais si la diversité de secteurs est flagrante, ce tissu économique se caractérise également par la petite taille des entreprises: 77% des entreprises bruxelloises n’ont aucun salarié. Les TPE et les PME de 0 à 50 travailleurs représentent 98,8% du tissu économique bruxellois.

"Bruxelles a le plus grand centre d’interprétariat au monde. Même New York et les Nations Unies ne font pas mieux."
Serge Vilain
Directeur de la SRIB

Les jeunes entrepreneurs le reconnaissent: les aides et autres subsides ne manquent pas à Bruxelles. Seul hic: il faut savoir à quelle porte frapper. Le 1819 est "la" porte d’entrée pour l’entreprenariat bruxellois. Ses collaborateurs ont pour mission de conseiller et d’orienter le porteur de projet vers les bons services. Impulse a pour vocation d’ouvrir les portes et d’accompagner l’entrepreneur dans le processus d’obtention des différents permis. Des procédures très souvent lentes et remplies de contradictions.

Autre problème souvent rencontré: le financement. On ne compte plus les histoires de banques totalement emballées par le projet mais qui se rétractent quand vient le moment d’octroyer le crédit. "Nous finançons souvent seuls ce que personne ne veut financer", insiste Serge Vilain, de la SRIB.

Enfin, l’autre gros souci de la Région réside dans la lenteur administrative et les exigences parfois contradictoires de ses services. De quoi en décourager plus d’un.

La répartition du PIB de chacune de nos quatre régions donne un aperçu de la "jeunesse" de l’économie. Sur cette base, c’est l’Île de France qui se distingue le plus alors que le Randstad hollandais reste à la traîne.

Assez logiquement, pour ces régions très urbanisées, les services tiennent en général le haut du pavé avec plus de 50% du PIB provenant de secteurs comme la finance, le commerce ou les divertissements, contre 48% dans les 17 pays de l’Union européenne qui nous servent de référence.

À noter que Francfort est encore très présent dans l’ancienne économie (la chimie notamment), ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose, ces secteurs industriels étant gros pourvoyeurs d’emplois. Au contraire, le poids des services publics, très dépendants de la politique et des administrations, constitue davantage un frein à l’entrepreneuriat.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect