Cartel automobile:"Plus de mille rencontres" entre les constructeurs allemands

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La Commission européenne confirme l'examen en cours sur l'existence d'un cartel entre les constructeurs automobiles allemands. "Des milliers de rencontres" ont eu lieu depuis 1990 entre Volkswagen, BMW, Daimler, Porsche et Audi.

La Commission européenne a confirmé lundi l’examen de l’existence d’un cartel entre les grands constructeurs automobiles allemands Volkswagen, BMW, Daimler Porsche et Audi. Les soupçons pourraient déboucher sur une enquête officielle et de lourdes sanctions.

"Des documents portant sur plus de mille rencontres sont à l’étude", dit une source proche de la Commission, "cela prendra un certain temps avant qu’une enquête formelle soit ouverte, mais les faits sont assez importants que pour se livrer à une analyse". Un tel examen peut "prendre des années" en fonction de la taille de l’entente illégale, ajoute cette source. Le cartel porterait sur plusieurs marchés européens.

Les éléments soumis à la DG Concurrence font état d’un cartel entre les producteurs depuis les années 90. Il se concentrerait sur plusieurs parties des véhicules, dont les systèmes de réduction des émissions polluantes des voitures diesel. Le dossier aurait été ouvert sur dénonciation de VW et Daimler en juillet 2016 dans l’espoir d’obtenir la clémence.

L’information a été révélée vendredi dernier par le magazine allemand Der Spiegel. Les constructeurs se seraient rencontrés à de multiples reprises pour se mettre d’accord sur la taille des réservoirs d’Adblue, un produit permettant de réduire les émissions d’oxyde d’azote.

Lourde amende

"Nous avons reçu des informations de l’autorité allemandes de la concurrence. Le dossier est à l’analyse "
Ricardo Cardoso
Porte-parole de la Commission européenne

La Commission confirme la réception d’informations. "Nous avons reçu des informations de l’autorité allemande de la concurrence. Le dossier est à l’analyse ", dit Ricardo Cardoso, le porte-parole de Margrethe Vestager, la commissaire en charge de la Concurrence. "La Commission coopère étroitement avec l’autorité allemande. Nous ne pouvons rien dire de plus". L’exécutif européen reste très discret sur ses enquêtes préliminaires.

Selon nos informations, la Commission a pris la direction des opérations. Si les soupçons sont fondés, l’exécutif européen ouvrira une enquête formelle pouvant déboucher sur des sanctions allant jusqu’à 10% du chiffre d’affaires mondial des entreprises condamnées. Le montant pourrait aller jusque 50 milliards d’euros en tablant sur le chiffre d’affaires 2016 des groupes visés.

L’an dernier, la Commission a infligé une amende de 2,93 millions d’euros à un cartel de camions.

Perte de crédibilité de l’industrie allemande

Cette nouvelle crise vient ternir encore plus l’image de l’industrie automobile allemande, mise à mal par le scandale du Dieselgate, une fraude à grande échelle de VW sur la réduction des émissions de polluants.

A quelques semaines des élections allemandes, elle pourrait entraîner une réaction ferme du gouvernement d’Angela Merkel. Une réunion extraordinaire du conseil de surveillance de VW se réunira mercredi prochain pour rendre compte de la situation. BMW nie pour sa part la moindre manipulation sur ses véhicules.

Sur les marchés, les titres des constructeurs allemands était pénalisés.


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