Dieselgate: La BEI "très déçue" par Volkswagen

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Selon l'Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), le constructeur automobile allemand a emprunté 400 millions d'euros à la BEI pour construire son moteur truqué. La BEI est "très déçue" et examinera "toutes les mesures appropriées", a-t-elle dit à L'Echo.

Volkswagen a bénéficié d’un prêt de 400 millions d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour développer son moteur EA 189 mis en cause dans le scandale du Dieselgate. C'est ce qui ressort d'une enquête de L’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) sur ces fonds de la BEI, lancée en 2015.

La BEI se dit "très déçue" d'avoir été "trompée par VW sur l'utilisation du dispositif défectueux". L'institution basée à Luxembourg va "examiner toutes les mesures appropriées", a-t-elle dit à L'Echo.

"L’Olaf a transmis son rapport final et des recommandations juridiques aux autorités allemandes, à savoir le procureur général de Braunchweig."
Une porte-parole de l'Olaf

Les conclusions de l'Olaf sont édifiantes. En 2009, la BEI a accordé ce prêt au constructeur automobile allemand pour qu'il développe un moteur diesel en ligne avec les nouvelles normes antipollution. L’argent aurait été utilisé pour produire le moteur - ou des pièces de ce moteur - impliqué dans la fraude à grande échelle dont VW s’est rendu coupable en Europe et aux Etats-Unis.

"L’Olaf a transmis son rapport final et des recommandations juridiques aux autorités allemandes, à savoir le procureur allemand de Braunchweig", dit une porte-parole de l'Olaf. L’organisme européen a aussi envoyé une recommandation administrative à la BEI lui suggérant de saisir ses propres services antifraude.

"VW est une excellente entreprise, mais elle n'a pas été bien servie par sa direction depuis le début de cette affaire."
Werner Hoyer
Président de la BEI

"Nous sommes très déçus de ce qu'affirme l'Olaf, à savoir que la BEI a trompée par VW sur l'utilisation du dispositif défectueux", affirme le président de la BEI Werner Hoyer. "VW est une excellente entreprise, mais elle n'a pas été bien servie par sa direction depuis le début de cette affaire."

La BEI avait commencé sa propre enquête, mais celle-ci fut suspendue dès que l'Olaf avait lancé la sienne. "C'était inutile de mener les deux enquêtes en même temps", souligne une source proche de la BEI. 

VW, de son côté, nie avoir utilisé ces fonds à des fins frauduleuses. Quant au prêt de la BEI, il a été remboursé en 2014.

Depuis 1990, la BEI a prêté 4,5 milliards d'euros pour des recherches sur l'amélioration des performances de ses moteurs.

LOGICIEL TROMPEUR

Cette enquête n’est qu’une parmi d’autres auxquelles VW doit faire face depuis la découverte de la supercherie en septembre 2015. La firme avait installé un système informatique sur au moins 11 millions de véhicules dans le monde qui limitait la production d’oxyde de nitrogène quand il détectait que la voiture faisait l’objet d’un test antipollution.

Avant de recevoir le prêt, VW s’était engagé auprès de l’institution bancaire qu’il serait "le plus innovant des constructeurs de voiture de série" sur le plan des réductions d’émissions.

L’Olaf n’apporte pas la preuve que l’argent de la BEI a servi à produire le système frauduleux. Il appartiendra au procureur allemand d'investiguer plus en profondeur. 

Après que le scandale ait éclaté, VW a commencé à corriger son moteur. Plusieurs procès sont en cours en Europe. Aux Etats-Unis, le constructeur a versé 25 milliards de dollars de dédommagements.

C’est la pire des crises auxquelles VW ait été confronté en 80 ans d’existence.

Mercredi, un sommet de crise entre les constructeurs et les autorités allemandes doit déterminer quelle suite à donner au Dieselgate. Il sera question des mesures à adopter pour inciter à retirer de la circulation les vieux véhicules diesel et promouvoir les moteurs électriques.

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