Finalement l'ex-boss de VW ne connaît pas si bien ses voitures

©EPA

Après 16 mois de silence, Martin Winterkorn a répondu jeudi aux questions d’une commission parlementaire. Il estime n'avoir été au courant de rien.

Il répétait, fièrement, qu’il connaissait "chaque vis" de ses voitures. Pas peu fier de son surnom de "M. Qualité", Martin Winterkorn semblait connaître le moindre recoin de son immense empire. Devant une commission parlementaire, l’ancien patron de Volkswagen a toutefois expliqué jeudi qu’il n’avait jamais su que ses ingénieurs avaient installé sur onze… millions de ses modèles un logiciel permettant de dissimiler leurs émissions de gaz nocifs. "En tant que président du directoire, je porte la responsabilité de ce qui s’est passé, a t-il avoué, après seize mois de silence, devant les huit parlementaires. Je suis réaliste. Je dois accepter que mon nom soit associé à cette affaire de diesel."

"Ce 'dieselgate', ça rend les gens furieux et moi aussi."
Martin Winterkorn
Ancien patron de VW

Ce docteur en physique des métaux affirme pourtant que ses cadres ne lui avait pas appris la présence d’un logiciel truqueur sur certains de ses moteurs dès l’été 2015 comme le pensent les autorités américaines. Deux témoins auraient même affirmé aux enquêteurs qu’ils auraient alerté M. Winterkorn en 2012 et en 2014. "Ce n’est pas le cas, a juré ce presque septuagénaire. Je cherche aujourd’hui encore des réponses. Ca rend les gens furieux et moi aussi." Ce témoignage ne devrait pas calmer la polémique autour de l’ancien protégé de Ferdinand Piëch. Car au-delà de son degré de responsabilité dans le "dieselgate", l’ex-patron du premier constructeur automobile mondial a déjà prouvé qu’il ne souhaitait pas réduire son train de vie pour venir en aide à son ancien employeur.

Une douce pension

Depuis l’éclatement de ce scandale, le géant allemand aux douze marques a vu son cours en Bourse s’effondrer de 40%. Avec des ventes en baisse de 2% sur un an, VW a enregistré en 2015 sa première perte en plus de vingt ans, avec un trou béant de 1,6 milliard d’euros. Pour apaiser les autorités américaines et canadiennes, ses dirigeants ont, depuis, accepté de verser 22,4 milliards d’euros d’amendes et de compensations. La note finale promet d’être encore plus salée.

L’an dernier, Martin Winterkorn, qui avait démissionné de la présidence quelques jours après l’éclatement du scandale, a pourtant continué de recevoir son salaire fixe supérieur à 1,2 million d’euros auquel il faut ajouter son intéressement au titre de l’année 2015 qu’il n’avait pas encore perçu soit 1,7 million d’euros. Depuis le 1er janvier, le rondouillard membre du conseil de surveillance du Bayern Munich est officiellement à la retraite. Son contrat, qu’il a refusé de modifier, lui octroie toutefois une rondelette pension de 3.100 euros par… jour. On comprend mieux pourquoi ce passionné d’automobile refuse de reconnaître sa responsabilité dans le "dieselgate". L’homme pourrait en effet perdre plus que son honneur dans cette affaire

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