Le logiciel espion se voit partout dans les résultats de VW

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Le constructeur allemand a fait état d'une perte de plus de 4,1 milliard d'euros dans ses comptes 2015. Le dividende a été fortement réduit et le coût total du scandale du diesel n'est pas encore chiffré.

Volkswagen a triché, l'a reconnu et paie les conséquences. Ce vendredi, jour de la publication de ses résultats annuels, tous les regards étaient braqués sur la colonnes bénéfice. Une chose était sûre, les 16,2 milliards d'euros de charges exceptionnelles liées au scandale du trucage des tests anti-pollution sur ses modèles diesel allaient faire fondre le moindre gain réalisé par le constructeur automobile. Il a ainsi fait état d'une perte d'exploitation annuelle de 4,1 milliard d'euros. L'an dernier, le bénéficie du groupe culminait à 11 milliards d'euros.

20 ans
Volkswagen a enregistré en 2015 sa première perte annuelle depuis plus de 20 ans, touché de plein fouet par le scandale des moteurs diesel truqués dans lequel il est toujours enlisé.

En excluant les charges exceptionnelles, l'exercice 2015 se solde par un bénéfice d'exploitation de 12,8 milliards d'euros. Mais les charges de 16,2 milliards directement liées au "Dieselgate", auxquelles se sont ajoutées 400 millions d'euros de coûts de restructuration, ont fait basculer le résultat d'exploitation en territoire négatif.

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VW reste malgrè tout le numéro un européen du secteur. Il avait repoussé la publication de ses résultats annuels, initialement prévue en février, en raison des incertitudes sur l'impact financier du dossier. Jeudi, il a annoncé être parvenu à un accord avec les autorités américaines concernant près de 600.000 véhicules vendues aux Etats-Unis.

Un dividende passé à la moulinette

A la Bourse de Francfort, l'action Volkswagen a été chahutée, cédant 1,26% à la clôture, à 125,45 euros. L'affaire est vite devenue la plus importante crise jamais traversée par le groupe, lui faisant perdre jusqu'à un tiers de sa valeur en Bourse et poussant à la démission son président du directoire, Martin Winterkorn.

11 millions
Le constructeur automobile allemand, numéro un européen du secteur, a reconnu en septembre avoir installé sur 11 millions de véhicules dans le monde depuis 2009 un dispositif de trucage des émissions polluantes.

L'entreprise compte abaisser drastiquement la rémunération de ses actionnaires, à qui elle proposera un dividende de 0,17 euro par titre de préférence contre 4,86 euros un an plus tôt.

Les bonus aussi

Le conseil de surveillance a également décidé de geler 30% des bonus des neuf membres de son directoire pour 2015. Ces bonus seront toutefois susceptibles d'être versés dans trois ans si la performance boursière est au rendez-vous.

Cette décision, annoncée par Stephan Weil, membre du conseil de surveillance, à l'issue d'une réunion de celui-ci, fait suite à un débat acharné. Certains au sein de l'organe de contrôle plaidaient pour une coupe drastique de ces rémunérations variables de plusieurs millions d'euros, de quoi alléger l'impact du scandale dans les comptes.

A quoi vont servir les 16,2 milliards d'euros de provisions?

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Ces provisions doivent permettre au groupe aux douze marques (Volkswagen, Audi, Porsche, Seat, Skoda, ... ) de couvrir les frais liés aux mesures techniques et commerciales adoptées dans l'affaire des moteurs diesel truqués, mais également d'affronter d'importants risques juridiques.

Le président du directoire, Matthias Müller, a reconnu en commentant les résultats qu'il était trop tôt pour évaluer le coût définitif du scandale, mais il a ajouté qu'il n'y avait aucune raison de craindre un impact sur l'emploi des résultats 2015. Le groupe a également expliqué que, faute d'un accord définitif avec la justice américaine, il n'était pas en mesure de rendre publiques les premières conclusions de l'enquête indépendante menée par le cabinet Jones Day sur le rôle de ses dirigeants dans le dossier du diesel.

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