Renault: pas de fraude, mais...

©AFP

Renault a dégringolé en Bourse. Le siège du groupe a été perquisitionné. Des véhicules Renault polluent plus que prévu, mais n'utilisent pas de logiciel de fraude.

Le constructeur français a-t-il fraudé comme Volkswagen? Impossible de ne pas faire le lien entre l'affaire des moteurs truqués de la marque allemande et l'annonce jeudi de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Celle-ci a déclaré que des perquisitions avaient été menées la semaine dernière dans plusieurs sites du constructeur français Renault. 

Pas de logiciel de fraude

Les premières conclusions rendues par cette commission ont présentées jeudi à la presse par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal. Que faut-il retenir?

• Des véhicules Renault dépassent bien les normes de pollution pour le CO2 et les oxydes d'azote.

• Ces voitures n'ont toutefois pas de logiciel de fraude.

Le ministre de l'Economie, Kris Peeters (CD&V) a invité la direction belge du constructeur automobile de Renault, afin de recevoir des explications sur les "récentes annonces sur l'entreprise".

Renault n'est pas seul

©AFP

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a précisé que ses services ont procédé "à plusieurs contrôles et perquisitions depuis le mois de septembre dernier afin de vérifier la fiabilité et la qualité des informations transmises au consommateur" chez plusieurs constructeurs, dont Renault. Des "dépassements de normes" pour le CO2 et les oxydes d'azote ont été observées chez Renault et "plusieurs" marques étrangères.

Ces perquisitions ne sont pas directement liées, a souligné Ségolène Royal, à l'enquête menée par une commission technique indépendante mise en place par le gouvernement français, et chargée de vérifier que les constructeurs n'ont pas équipé leurs véhicules de logiciels équivalents à ceux de Volkswagen.

Ces conclusions sont "encore provisoires", puisque le laboratoire Utac-Ceram, missionné par la commission, a testé depuis octobre, dans cette première phase, 22 voitures, de huit marques différentes: Renault, PSA, Volkswagen, Mercedes, Ford, Opel, Toyota et BMW. "Les investigations vont continuer pour atteindre un échantillon de 100 véhicules", a ajouté Ségolène Royal, et Nissan, Volvo, Suzuki et Fiat, doivent rejoindre le panel.

Dégringolade en Bourse

-4 milliards €
D'habitude il y a environ un million de titres échangés en une séance sur Renault, nous en sommes déjà à 2,7 millions (à 13h00) et cette chute de 20% représente une perte de capitalisation d'environ 4 milliards.

Ces conclusions en demi-teinte n'ont pas empêché le titre Renault de dégringoler de 20% en tout juste une heure à la Bourse de Paris, faisant perdre plus de 4 milliards d'euros de capitalisation au 2ème constructeur français. L'action a finalement terminé la séance à 77,75 euros, en chute de 10,28%. Par ricochet, PSA Peugeot Citroën , qui a précisé "ne pas avoir fait l'objet d'une perquisition", a perdu au final 5,05% à 14,01 euros.

Après le scandale Volkswagen, Renault a annoncé en décembre un plan d'investissements de 50 millions d'euros pour réduire l'écart entre les émissions polluantes de ses voitures en conditions d'homologation et en situation réelle.

Le numéro deux automobile mondial Volkswagen avait équipé 11 millions de véhicules diesel dans le monde d'un logiciel spécifique pour déjouer les normes antipollution, mais se défend de tout "mensonge" dans cette affaire.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content