VW, Daimler et BMW paieront 500 millions pour réviser leurs moteurs truqués

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Deux mois avant les législatives, le gouvernement d’Angela Merkel a convoqué l’industrie automobile allemande pour un sommet de crise sur le diesel. Il en est sorti un compromis au terme duquel les constructeurs automobiles s’engagent à mettre à jour les logiciels "antipollution" de cinq millions de véhicules.

Deux ans après l’éclatement du scandale du "Dieselgate", et à deux mois des législatives, l’Allemagne prend la mesure de la menace qui pèse sur le diesel et son industrie automobile.

Les autorités allemandes, les constructeurs automobiles, les fédérations patronales et les syndicats se sont réunis ce mercredi à Berlin à l’invitation du gouvernement Merkel pour tenter de redorer le blason du diesel et la réputation des constructeurs.

La réunion s’est clôturée sur un engagement du VDA, la fédération des constructeurs allemands, à financer la mise à jour des logiciels "antipollution" de 5 millions de véhicules, dont 2,5 millions de VW déjà rappelés.

-25 à 30%
Les mises à jour de logiciels doivent permettre de réduire les émissions d'oxyde d'azote des moteurs diesel de 25 à 30%.

Volkswagen, Daimler et BMW paieront au bas mot 500 millions d'euros pour mettre à jour les logiciels des moteurs de leurs voitures diesel afin d'en réduire les émissions polluantes, selon le VDA. Le coût des diverses mesures pour inciter à l'achat de modèles diesel plus propres sera en outre encore bien supérieur.

L’industrie allemande sait qu’elle a perdu beaucoup de confiance. "Nous devons et nous allons travailler pour regagner cette confiance", reconnaît le VDA. Les constructeurs apporteront ainsi une contribution à un fond de mobilité durable visant à réduire la pollution en ville.

Le taux de NOx par les véhicules diesel est à ce point élevé que plusieurs grandes villes allemandes songent à les bannir. Le compromis conclu ce mercredi devrait éviter ces interdictions.

L’industrie allemande au banc des accusés

©AFP

L’industrie automobile allemande est enlisée dans le "Dieselgate" depuis la découverte d’un logiciel truqué équipant plus de onze millions de véhicules de la marque Volkswagen en Europe et aux Etats-Unis.

A la suite de ce scandale, plusieurs instructions judiciaires sont en cours en Allemagne, tandis que VW s’est acquitté de 25 milliards de dollars de dédommagements auprès de la justice américaine. La Commission européenne mène en parallèle une enquête pour cartel à l’encontre des cinq grands constructeurs allemands. VW, Daimler, Porsche, Audi et BMW, se seraient entendus sur les mesures depuis 1992 sur certaines composantes et sur les mesures de polluants.

Le scandale a encore pris de l’ampleur après la découverte par l’Office européen de lutte antifraude de l’utilisation par VW d’un prêt de 400 millions d’euros pour développer son moteur truqué. L’Allemagne fait aussi l’objet de procédures d’infraction lancées par la Commission européenne pour non-respect des règles sur le contrôle de la pollution.

800.000
L'industrie automobile représente 800.000 emplois en Allemagne et 1/5 des exportations du pays.

Pour autant, les Allemands ne sont pas prêts de tourner le dos au diesel. Les constructeurs ont besoin de ce type de moteur pour équiper les berlines de luxe et les véhicules utilitaires, de plus en plus présents sur le marché.

Le débat industriel est inséparable d’un volet politique. Le secteur automobile représente 800.000 emplois en Allemagne. Depuis le début du "Dieselgate", le gouvernement allemand est accusé de ne pas avoir contrôlé la question des émissions de polluants.

Angela Merkel, dont la popularité a grimpé ces derniers mois, espère rempiler lors des législatives du 24 septembre sans que le "Dieselgate" ne vienne ternir sa campagne. Le candidat social démocrate Martin Schultz utilise à plein ce scandale pour faire chanceler sa rivale.

Les liens incestueux entre l'industrie auto et les politiques

Le sommet de ce mercredi à Berlin était aussi l'occasion pour les responsables politiques allemands de tenter de changer leur relation vis-à-vis de l'industrie automobile.

En Allemagne, où le marché automobile représente un cinquième des exportations du pays et 800.000 emplois, les liens entre la sphère politique et les directions des grands groupes automobiles sont très étroits, à en juger par le passé de certains membres du gouvernement et comme le montre l'infographie ci-dessous publiée par nos confrères de Politico.

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