Ne pas porter de jugement

©REUTERS

Ils seront des milliers, d’ici quelques jours, à converger de l’Europe entière vers la plaine de Waterloo, parés des tenues militaires hautes en couleurs de l’époque napoléonienne.

La plupart viennent, chaque année, avec camionnette et remorque et installent leur bivouac entre les fameuses fermes-châteaux d’Hougoumont et de la Haie-Sainte. Le tout sur fonds propres. C’est un pot-pourri de nationalités: Hollandais, Britanniques, Allemands, Belges, Français, Russes ou Polonais se retrouvent pêle-mêle incorporés dans la Grande Armée, les rangs de Wellington ou les régiments brunswickois.

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Le programme des commémorations s’étend du mercredi 17au dimanche 21 juin.

Réservations et informations pratiques sur le site officiel www.waterloo2015.org

Parmi ces passionnés se trouvera Claude Magnée, pharmacien à Namur et fin connaisseur de la période de la Révolution et du Premier Empire. Et pour cause, puisqu’un de ses ancêtres faisait partie de la Grande Armée de Napoléon. Claude Magnée ne participera pas à la reconstitution de la bataille proprement dite, chose qu’il ne fait plus depuis plusieurs années, mais il viendra à Waterloo le 18 juin en habits de capitaine d’infanterie de l’armée de Napoléon, "pour se recueillir et s’imprégner de l’atmosphère du lieu".

Une fois par an, Claude Magnée se rend, avec les membres de son association, sur les traces d’un événement marquant de l’épopée napoléonienne. "En 2005, j’étais à Austerlitz, en 2006 à Iéna et en 2012, j’étais au bord de la Moscova et de la Bérézina." Sur place, ils effectuent généralement une série de manœuvres selon les schémas de l’époque. Pas question, en revanche, de s’adonner à des simulations de batailles qui, avec fortes doses de mercurochrome, "relèvent davantage du burlesque", selon lui.

"On en fait un peu trop"

"C’est bien que les gens s’intéressent à ce qui s’est passé durant cette époque troublée. Ce sont de véritables tragédies qui ont eu lieu. Les gens se sont battus entre nations européennes, chose devenue impensable aujourd’hui", souligne-t-il. Par contre, il regrette quelque peu "la récupération médiatique et le poids des lobbies politico-financiers" dans les commémorations du bicentenaire. "On en fait un peu trop…"

La pièce commémorative de 2,50 euros est la première pièce belge avec pareille valeur nominale. Elle affiche une représentation de la butte du Lion ainsi qu’un schéma de la position des troupes françaises et alliées lors de la bataille. La pièce sera frappée à 100.000 exemplaires et vendue 6 euros. ©BELGA

Enfin, il ne comprend pas vraiment la frilosité française par rapport à l’initiative des autorités belges de frapper une pièce commémorative. "En quoi la France d’aujourd’hui devrait-elle avoir honte d’événements qui remontent à 1815?"

Claude Magnée collectionne également les objets d’époque. "Je suis un des rares collectionneurs, en Belgique, à ne pas posséder de signature de Napoléon, tout simplement parce que je ne suis pas fasciné, comme certains peuvent l’être, par le personnage en tant que tel. Mais je comprends qu’à son époque, il ait pu fasciner les foules. Au point de motiver de simples citoyens à combattre aux quatre coins de l’Europe pendant autant d’années. Il ne faut pas porter de jugement."

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