Pourquoi Napoléon n'aurait jamais dû perdre à Waterloo

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Jean-Luc Ancely, militaire de carrière français, explique les nombreuses et lourdes erreurs commises par le commandement français qui avait toutes les cartes en mains pour l'emporter.

"Jamais campagne ne fut mieux conçue stratégiquement. Jamais chance de vaincre ne fut plus gaspillée. Jamais un capitaine – Wellington – n’acquit une gloire aussi durable en déployant aussi peu de talent." C’est ainsi que Jean-Luc Ancely résume la bataille de Waterloo dans son ouvrage "Waterloo, la marche à l’abîme". Jean-Luc Ancely est un militaire français à la retraite qui réside en Belgique. Ancien élève du fameux Cadre Noir de Saumur, il a fait carrière dans les blindés.

Il précise qu’il "ne lui appartient pas de déterminer si une victoire de Napoléon à Waterloo eut été bénéfique à la France. Sans doute pas." Mais on sent chez l’auteur tout au long du livre un énorme regret face à la déroute française. Pour Jean-Luc Ancely, Napoléon n’aurait jamais dû perdre cette bataille. Seules les nombreuses et lourdes erreurs commises par le commandement français expliquent l’issue favorable aux Alliés, selon lui.

En constatant une telle amertume, on comprend mieux pourquoi aucun officiel français de haut niveau n’ait daigné se rendre au Bicentenaire… Tout au plus l'auteur admet-il que Napoléon "mésestimait les Anglais", n’ayant jamais eu à les affronter directement dans une bataille terrestre. "Wellington est un mauvais général et les Anglais sont de mauvaises troupes", disait régulièrement l’Empereur. "Grave erreur", note Ancely.

Gneisenau, le vrai vainqueur de Waterloo

D’ailleurs, le vrai vainqueur de Waterloo, d’après Ancely, ce n’est ni Wellington ni Blücher, mais Gneisenau, le bras droit du maréchal prussien. C’est lui qui a conçu et organisé le retour des Prussiens pour tirer Wellington de la très mauvaise situation dans laquelle il se trouvait. Wellington doit également une fière chandelle à ses subordonnés (Constant-Rebecque, Chassé et d’autres) qui ont réparé certaines de ses erreurs d'appréciation.

Si on fait abstraction d'un certain parti pris de l’auteur, on appréciera la grande précision du récit. Le lecteur revit la bataille comme s’il y était : les charges de Ney, la défense désespérée des hommes dans les carrés, l’effroyable mêlée des affrontements au corps-à-corps. Il détaille également les batailles de Ligny et des Quatre-Bras où, déjà, les Français avaient commis certaines erreurs, mais sans en payer le prix fort comme à Waterloo quelques jours après.

On pourra discuter à l’infini de ce qu’il serait advenu si Napoléon l’avait emporté à Waterloo. Une chose est sûre en revanche : après Waterloo, le monde n’est plus celui du 18e siècle ; il peut entrer de plein pied dans le 19e. Place à la révolution industrielle et à l’émergence de nouvelles nations, dont l’Allemagne et l’Italie. Les révolutions bourgeoises ou populaires vont se multiplier un peu partout dans une Europe qui a été, malgré tout et à des degrés divers, imprégnée des idéaux de la Révolution française.

"Waterloo, la marche à l’abîme", Jean Luc Ancely, éditions Le Cri, 336 pages, 24,90 euros

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