Ciney | Combats des chefs MR, Ecolo en arbitre potentiel

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Rien ne va plus dans la capitale condrusienne: la majorité sortante s’est déchirée. Ecolo se rêve en faiseur de roi.

Chahutée. Le qualificatif colle assez bien à la vie politique pimentant la vie de la capitale du Condroz. Avant 2006, les choses étaient relativement claires: le patron, c’était Jean-Marie Cheffert (MR), gouvernant avec l’un ou l’autre partenaire. En 2006, révolution: le cdH revient sur son accord avec le MR et une majorité PS-cdH-Ecolo se met en place.

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Six ans plus tard, l’ancien patron tient sa revanche. Sa liste Union, dans laquelle il a embarqué le dynamique Frédéric Deville, ce Cinacien actif dans l’événementiel, renverse l’équipe "olivier" en place. Le MR est de retour et décroche la majorité absolue (13 sièges sur 25). Et là, alors que tout devait rouler, les choses déraillent.

En somme, Deville est un ambitieux et Cheffert supporte mal la concurrence. L’ambiance se dégrade, les relations virent à l’aigre. L’échevin Deville est tenu de ne plus communiquer et une partie du collège porte plainte contre lui pour prise d’intérêts – l’affaire se solde par une mini-transaction pénale.

Dès lors, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’Union ait volé en éclats à l’approche du scrutin. Emmenant quatre autres MR avec lui, Frédéric Deville lance la liste ICI (pour Intérêts cinaciens), qu’il ouvre au PS et au cdH – ce qui vaut aux "transfuges" d’être mis à la porte du MR.

En face, Jean-Marie Cheffert dégaine sa liste Action, sur laquelle plane, durant un certain temps, un doute. Qui va la tirer? Après mûre réflexion, Jean-Marie Cheffert renonce à en prendre la tête, qu’il cède à l’échevin Frédérick Botin; lui poussera la liste. Sans pour autant cesser de viser l’écharpe mayorale. S’il fait plus de voix, il la ceindra, pour la céder à Botin en cours de législature – à 60 ans presque sonnés, l’homme estime devoir préparer la transition. Si Botin l’emporte, Cheffert assure qu’il n’aura aucun problème à jouer les échevins.

Ce faisant, le bourgmestre sortant réalise un doublé: il dégonfle son "duel" avec Deville. Et annonce en quelque sorte que si sa personne devait faire obstacle à une éventuelle alliance, eh bien, il est prêt à envisager un petit pas de côté.

Alliance. N’allez pas imaginer un mariage Action-ICI – même si, en politique, rien n’est véritablement impossible. Non, si jamais un arbitre est nécessaire afin de départager les deux champions en lice, ce sera forcément Ecolo – dans les faits, la seule des trois listes en présence à ne pas être emmenée par des (ex-) figures du MR. Voilà la carte qu’ont à jouer François Bouchat, qui tire la liste, et Patrick Dupriez, qui la pousse. "Pour le débat politique, le plus grand risque, c’est la majorité absolue", pose le coprésident des verts. Qui l’annonce: Ecolo est prêt à s’associer, avec l’une ou l’autre liste. En emmenant avec lui ses priorités, comme la mobilité, la participation citoyenne ou l’attention aux circuits courts. 

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