Libramont-Chevigny | L'opposition rêve d'ébranler la mainmise libérale

La Foire de l'agriculture de Libramont, en juillet 2016 ©BELGA

Deux listes en 2012, jusqu’à cinq en 2018. Suffisant pour faire vaciller la confortable majorité absolue du MR?

"Triste anniversaire", soupire Jonathan Martin, président de DéFI Luxembourg et à la tête de "Libr’Envol", principale liste d’opposition mariant DéFI et le PS. C’est qu’en 2019, Libramont-Chevigny fêtera ses 60 ans de mayorat libéral.

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Celui qui occupe le trône à l’heure actuelle, c’est Paul Jérouville (MR), qui en a hérité en 2016 lorsque Pierre Arnould a renoncé aux commandes de cette commune de quelque 11.000 âmes au cœur de la province du Luxembourg afin de se concentrer sur son cabinet médical. Bourgmestre depuis deux ans, Paul Jérouville n’est pas exactement ce qui s’appelle un nouveau venu, puisque son compteur affiche 48 ans dans la commune, dont 34 en tant qu’échevin.

C’est lui qui mènera les troupes libérales, sous la bannière "Chevi 2018". Avec pour objectif de conserver la confortable majorité absolue dont dispose le MR (15 sièges sur 21). "Si l’électeur se montre suffisamment attentif ou intelligent, il se rendra compte que tout le monde a bénéficié de sa petite part du gâteau. Sport, écoles, églises ou aménagements, nous avons été sur tous les fronts. Je ne vois pas pourquoi le scrutin devrait changer la donne, même si on ne sait jamais l’électeur agit parfois bizarrement." En quelque sorte, le mot d’ordre est: "On ne change pas une équipe qui gagne".

Des projets d’avenir? Mais la poursuite de ce qui a déjà été entamé, pardi! Superviser la construction d’un bon 800 logements au Serpont. Instaurer une zone de 40 hectares dédiée aux artisans. Poursuivre la mise en place de voies lentes et de pistes cyclables entre villages – prochain arrêt: Sainte-Ode. Faire sortir de terre la première résidence-services. Obtenir que les bâtiments désertés par la protection civile en 2019 – merci, Jan Jambon – soient "versés à la zone de secours de la Province". S’assurer que l’érection du nouvel hôpital à Habay, à l’horizon 2025, ne laisse pas vides les locaux occupés par celui de Libramont – la commune entend voir débarquer l’activité de revalidation.

"Equipe de notaires"

En face, l’opposition fourbit ses armes. Le scrutin 2018 aura ceci de plus incertain que celui de 2012, qui n’opposait au MR que l’assemblage cdH-PS, nommé "Ensemble": outre "Libr’Envol", pour l’heure seule confirmation officielle, on parle d’une liste cdH, d’une autre écologiste, voire même d’un mouvement citoyen emmené par de jeunes libéraux ne se retrouvant pas dans la majorité actuelle.

Présent depuis 48 ans dans la commune, le bourgmestre est abîmé par une affaire de prise d’intérêts, couronnée par une condamnation en 2014 à deux ans avec sursis et 20.000 euros d’amende.

Qui agit comme "une équipe de notaires, sans vision ou ambition et gérant à la petite semaine", dénonce Jonathan Martin. "Qui fait comme elle a toujours fait, fermée aux propositions, rétive à la notion de démocratie participative, passive face au déclin commercial du centre-ville et au développement anarchique d’enseignes en périphérie."

Ce qui pose également souci, nous glisse-t-on, c’est la personnalité du bourgmestre. Abîmé par une affaire de prise d’intérêts, couronnée par une condamnation en 2014 à deux ans avec sursis et 20.000 euros d’amende – effacés ensuite par une transaction pénale. "Cela ne passerait plus actuellement; à l’époque, la notion de gouvernance était plus malléable."

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