Publicité

Attention aux croche-pieds

Les couloirs du Congrès US risquent d'être davantage le théâtre de croche-pieds que d'accolades bipartisanes.

Les déclarations de bonnes intentions se sont multipliées à l'approche de la rentrée parlementaire à Washington. Fini les querelles politiciennes paralysantes, l'heure étant à la coopération bipartisane. Même le président Bush s'y est mis, mettant le Congrès en garde contre les travers de l'"impasse politique". Enfin, ça ce sont les promesses entendues. Car, dans les faits, il y a peu de chances de voir la nouvelle majorité démocrate et les républicains renvoyés dans l'opposition lors des élections du 7 novembre travailler main dans la main. Les couloirs du Congrès risquent d'être davantage le théâtre de croche-pieds que d'accolades bipartisanes, d'autant que les stars (et/ou les ambitieux, c'est selon) des deux camps affûtent leurs armes dans la perspective des présidentielles de 2008. Les démocrates se sont certes engagés à réinstaurer un esprit positif au Congrès, ne voulant pas être taxés d'arrogance après avoir dénoncé le mépris que leur auraient témoigné les républicains. Mais il faudra pour cela convaincre les plus revanchards, bien décidés depuis deux mois à rendre aux républicains la monnaie de leur pièce. Puis, en s'engageant à faire passer certaines mesures (relèvement du salaire minimum, éthique parlementaire, etc.) en l'espace de 100 heures, les démocrates ont fermé la porte à un dialogue sur celles-ci. Disposant d'une confortable majorité à la Chambre (233 sièges, contre 202 aux républicains), ils n'auront de toute manière pas besoin de l'appui des républicains. Au Sénat, ils ne pourront toutefois pas se permettre de faire cavalier seul, n'y ayant qu'un avantage de deux malheureux sièges. D'autant que les républicains ont passé les dernières semaines à élaborer les stratégies visant à attirer dans leurs filets les sénateurs démocrates entristes. Des manoeuvres machiavéliques qui pourraient être mal interprétées par les lecteurs républicains les plus conservateurs, allergiques à la simple évocation d'une éventuelle coopération entre les deux grands partis. Ici aussi les belles promesses se heurteront très vite aux limites imposées par un système politique bipolaire.

Par Catherine Mommaerts

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés