Bon marché, l'université?

À quoi peuvent servir les recommandations de l'OCDE? Quand elle plaide pour la hausse du taux d'activité des travailleurs âgés et l'activation des chômeurs, elle ne fait que relayer des évolutions, dont plus grand monde ne met en doute la pertinence. Quand elle insiste pour limiter les allocations de chômage dans le temps ou pour revoir l'indexation automatique des salaires, elle ne fait que réitérer de vieilles demandes, si souvent recalées par le monde politique que la FEB n'ose quasiment plus les formuler.

Le rapport de l'OCDE sur l'économie belge s'écarte heureusement de quelques sentiers battus. L'organisation internationale se risque ainsi à suggérer que les conventions salariales soient décentralisées (elle n'ose pas le terme "régionalisées "), pour mieux coller aux réalités du marché du travail. Une évolution réclamée par tous les partis flamands mais rejetée par les premiers concernés, à savoir les partenaires sociaux. Là où l'OCDE prend le monde politique belge complètement à revers, c'est en matière d'enseignement supérieur.

Alors que tout le monde parle de démocratisation de l'accès aux études, l'OCDE préconise au contraire une augmentation des droits d'inscription. Elle y voit, d'une part, un moyen d'inciter les étudiants et leurs parents à y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans des filières inadaptées. Et d'autre part, elle propose un vecteur d'amélioration de la qualité de l'enseignement, grâce à ce financement supplémentaire et la concurrence accrue entre les établissements qu'il susciterait.

Nos universités s'inscrivent dans l'optique inverse. Elles se regroupent voire fusionnent pour réduire les "doubles emplois " et dégager ainsi des moyens en faveur des spécialisations des unes et des autres. Cela évite l'inflation des droits d'inscription et garantit un accès démocratique aux études. S'il faut mieux orienter les étudiants et réduire l'énorme taux d'échec en première année, il existe des outils plus pertinents que l'argent. Cela implique cependant que les mondes politique, académique et estudiantin acceptent d'entendre le mot "sélection".

Christophe De Caevel

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