ça chauffe sur les quais

Quelle mouche a piqué les travailleurs? Après les pompiers de l'aéroport de Zaventem vendredi passé, et peut-être avant les agents de la Stib vendredi prochain, voilà que les accompagnateurs de la SNCB empêchent tout un pays de se rendre au travail.

(l'écho) Le droit de grève est un droit fondamental et il garantit, par contrepoids aux tentations de dérives patronales, la paix sociale dans nos sociétés modernes. La sécurité et la préservation de son intégrité physique sur son lieu de travail, tout le mode s'accordera à le dire, sont tout aussi fondamentales. Mais en paralysant ainsi des milliers de voyageurs (26.000 à Zaventem, 700.000 potentiellement dans tout le pays: c'est le nombre de personnes que la SNCB transporte tous les jours), les grévistes - sauvages, en l'occurrence - ne se trompent-ils pas complètement de cible? Où est l'efficacité de leur action?

Créer ex nihilo 160 kilomètres de bouchons autour de la capitale, laisser en rade navetteurs, étudiants (le jour de la rentrée) et voyageurs occasionnels en prenant même le soin d'éteindre les panneaux d'affichage pour les déboussoler complètement: est-ce là le beau contrepoids aux possibles dérives patronales?

À Bruxelles-Midi, des voyageurs, excédés, en sont venus aux mains avec les grévistes. S'il y en a qui doivent jubiler de voir ça, ce sont bien les auteurs des quatre agressions de ce week-end sur les accompagnateurs: eux ont parfaitement réussi leur violent pari...

Les caïds vengeurs, on l'a vu avec l'agression crapuleuse de l'agent de la Stib la semaine passée, auraient-ils pris possession du pays? Pas sûr que les mouvements de grève d'une telle ampleur (aussi tentants soient-ils) arrangent quoi que ce soit. Si en plus c'est pour obtenir des chèques-repas comme à Zaventem ou une prime de 30 euros comme à la Stib, c'est vraiment inquiétant. Violence sociale et violence tout court, les thèmes de la campagne électorale sont annoncés.

par Jean-Yves Klein

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