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Chirac vote-t-il Royal?

Les voeux de Jacques Chirac, que l'on disait 'usé pour le pouvoir', ont été pour le président l'occasion de présenter un quasi-programme sur cinq ans, programme qui laisse peu d'espace à un certain Nicolas Sarkozy.

(l'echo) Difficile en effet de ne pas voir dans son habitude une façon de couper l'herbe sous le pied du ministre de l'intérieur. En martelant le message selon lequel 'la France a besoin de bouger, pas de rompre', il vise clairement son ancien protégé. De même, en réaffirmant son soutien à la fusion Suez-GDF, il se positionne de façon antagoniste par rapport à Sarkozy qui, sans s'y êtreopposé ouvertement, ne s'est jamais prononcé en faveur de cette operation.

En critiquant à nouveau vertement le bilan américain dans la lutte contre le terrorisme et la conduite de la guerre en Irak, Chirac se fait un petit plaisir: c'est incontestablement le dossier qui lui a le mieux réussi en termes de popularité au cours de sex deux mandats.

De son côté, Sarkozy, depuis sa retentissante visite à Washington en 2004, où il avait tennu un discours atlantiste appuyé, est régulièrement dépeint comme 'l'homme des Américains'. Bref, chacun compte désormais les coups. De là à penser que 'Chirac vote Royal', il y a un pas que certains n'hésiteront pas à franchir, en se remémorant comment le président du RPR a privé Giscard d'un second mandat en jouant la carte Mitterand en 1981.

Quoi qu'il en soit, à 74 ans, le chef de l'Etat francais montre qu'il n'a pas perdu la main, ni quand il s'agit de savonner la planche de ses 'amis', ni quand il faut faire tourner la machine à promesses. Car soyons sérieux: faire passer l'impôt des sociétés de 33 à 20%, dans un pays où la réussite entrepreneuriale suscite davantage la suspicion de l'opinion et l'archanement du fisc que les encouragements, est un pari qui n'est pas près d'être gagné.

Un constat s'impose néanmoins: Chirac n'est jamai aussi bon qu'en campagne électorale. Même ses déstracteurs en conviennent. Plus Sarkozy le dépeint en homme du passé, moins il est passif; plus Sarkozy veut effacer son bilan, plus il balise le futut. On n'échappe pas si facilement à Jacques Chirac.

Jean-Paul BOMBAERTS

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