De Pékin à Washington

La bourrasque qui chahute les Bourses mondiales souffle toujours sur les marchés. Pour combien de temps encore?

Au tableau de bord de la finance mondiale, tous les clignotants sont à l'orange. La bourrasque qui chahute les Bourses mondiales souffle toujours sur les marchés. Pour combien de temps encore? La semaine qui vient sera déterminante pour juger de l'ampleur du décrochage. L'on saura alors si la "saine correction " va ou non se muer en "vilain petit krach". Plus besoin d'attendre, en revanche, pour en cerner l'origine. À ma gauche, la Chine et ses excès en tous genres; un pays qui file à 10% de croissance dont les millions de petits épargnants se sont soudainement mis à vénérer le dieu Bourse. À ma droite, les États-Unis et une économie qui décélère un peu trop vite au point que l'ancien patron de la Fed, Alan Greenspan, évoque même une possible récession.

Bref, l'un va apparemment trop bien et redoute la surchauffe.

L'autre ne convainc plus dans son scénario d'atterrissage en douceur.

La différence, c'est qu'en Chine la bulle spéculative a fini par impacter les marchés tandis qu'aux États-Unis on en est toujours à redouter le scénario du pire. Au coeur de l'incertitude se trouvent les prêts hypothécaires à surprime. Tant que les prix des logements grimpaient de 10% par an et que les taux d'intérêt restaient bas, le système fonctionnait. Mais, aujourd'hui, le marché stagne et la Fed a remonté ses taux. De nombreux ménages se retrouvent ainsi étranglés. Par ricochet, les prêteurs à risque sont eux aussi malmenés. Du coup, les déboires des établissements de crédit se multiplient ces derniers jours: Res-Mae Mortgage a fait faillite, NovaStar accumule les pertes et, depuis vendredi, New Century Financial et Fremont General se battent pour leur survie. Même HSBC avoue souffrir de son exposition au marché immobilier US. Or si la contagion des créances douteuses gagne tout le secteur immobilier, elle finira par infecter la totalité du secteur financier. Auquel cas, les glissades des places asiatiques apparaîtront comme de modestes péripéties de marchés...

par Serge Vandaele, Newsmanager

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