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Edito: Dur chemin de la vertu...

Tout était en place pour que la traque à la fraude et au blanchiment d'argent soit optimale...

"En 2006, le nombre de nouveaux dossiers ouverts par la CTIF s'est sensiblement accru par rapport à 2005." C'est en ces termes que débute le rapport annuel de la Cellule de traitement des informations financières (lire ci-contre). La sémantique dont use le gardien de la vertu fiscale et financière en Belgique prend ici certaines libertés avec la réalité du terrain: le sensiblement accru" renvoie à une hausse de 10% des déclarations de soupçon… La hausse est réelle mais pas substantielle. Il ne faut pas se leurrer: cette hausse de 10% n'est rien quand on sait que l'activité économique carbure en Belgique depuis 2004 à du "+2,5% par an" en moyenne. Or qui dit activité économique au beau fixe dit aussi circulation de capitaux chauffée à blanc. La pêche au "noir" aurait dû être plus fructueuse... Cette hausse de 10% est surtout riquiqui au regard d'un arsenal législatif blindé. Mise en place en 1993 pour lutter contre la fraude fiscale et le blanchiment d'argent, cette batterie de mesures s'est particulièrement étoffée ces deux dernières années. La CTIF est un peu comme cet élève en difficulté depuis des années à qui on aurait dispensé une kyrielle de cours de rattrapage: les lois ont été à ce point étoffées et bétonnées que l'élève est en mesure de "jouer" au maître. Les intermédiaires financiers, quels qu'ils soient, ont ainsi tout intérêt à ne pas jouer au plus fin et à faire part à la CTIF du moindre soupçon de fraude... sous peine de poursuites pénales et financières plutôt costaudes. Maintenant que les institutions financières ont en outre en mains une liste de critères qui leur permettront, dès le 1er septembre, de caractériser un soupçon de blanchiment ou de fraude fiscale grave, elles n'auront plus aucune excuse pour ne pas dénoncer toute opération douteuse. Tout était donc en place pour que la traque soit optimale. Si les résultats engrangés en 2006 n'ont pas été à la hauteur, ne serait-ce pas parce que, refrain connu, les moyens manquaient ? François Mathieu

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