Editorial: On sera tous Reach

Après des années de lobbying intense, le règlement Reach, destiné à mieux maîtriser la connaissance des substances chimiques utilisées par l'industrie européenne, entre en vigueur ce 1er juin.

(L'Echo) La machine est lancée. Les échéances restent relativement lointaines - pour certaines, on parle de 2018 - mais son travail de contrôle de la nocivité des substances chimiques s'imposera rapidement à tous. Aux chimistes comme aux autres. De fait, quiconque a recours dans son processus de production à l'une des 30.000 substances qui tomberont dans la banque de données européenne doit déjà s'assurer auprès de ses fournisseurs qu'ils entendent bien enregistrer la fonction pour laquelle le produit est employé. Dans le cas contraire, il devra négocier avec un autre fabricant, faire la démarche lui-même ou... cesser son activité. Il n'est pas non plus inutile de s'assurer que son importateur continuera à livrer les matières premières nécessaires à son activité. Dans le cas de quantités trop faibles, il pourrait être tenté d'opter pour des produits dont le coût de la procédure d'enregistrement sera plus facilement dilué dans des grands volumes. Inutile de se voiler la face. Le règlement s'applique désormais à tout l'espace communautaire et ses échéances ne risquent pas d'être repoussées. Il faudra donc désormais vivre dans l'espace Reach... ou en sortir. Certains semblent déjà tentés de le faire. Le risque existe de voir un fabricant de produits plastiques suivre hors des frontières de l'Union ses fournisseurs qui refuseraient désormais d'y rentrer. Sans doute faudra-t-il alors rappeler à ces nouveaux candidats à la délocalisation environnementale que la protection des citoyens de l'espace européen vaut bien les 2,3 milliards d'euros que la procédure coûterait à l'industrie chimique sur onze ans. Et que celle du reste du monde ne vaut certainement pas moins. Des arguments auxquels les consommateurs sont devenus très sensibles.

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