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En bon père de famille

À l'affût de quelques deniers pour combler les interstices qui laissent filer quelques courants d'air dans son budget, l'État a donc vendu une soixantaine de ses bâtiments. Pas toujours dans un état de première fraîcheur...

(l'écho) L'État n'a pas la brique dans le ventre, c'est son moindre défaut. Mais bon. Outre le fait qu'il fallait de toute manière trouver de quoi combler les trous du budget, l'Etat n'est pas nécessairement attendu sur la gestion optimale d'un portefeuille immobilier de plus de 5 millions de mètres carré. En cédant ces immeubles - moins de 10% de son patrimoine -, l'État ne fait finalement rien d'autre que d'appliquer les techniques budgétaires et comptables usitées de longue date par des entreprises, fussent-elles publiques, et d'autres administrations.

Accor et le Club Med l'ont fait avec les murs de leurs hôtels, la SNCB avec son matériel roulant, la Région flamande avec plus de 300 millions d'euros de bâtiments et la ville de Louvain avec... son réseau d'égouttage. Qu'importe le contenant, pourvu qu'il y ait le rendement. Et en la matière, il ne semble pas y avoir de perdant dans l'opération Fedimmo.

L'État perçoit une plus-value de plus de 150 millions sur l'estimation raisonnable de ses experts. Et il devrait, idéalement, générer des économies de gestion. Befimmo, actionnaire à 90% de Fedimmo, peut compter sur un rendement annuel de 5,5%. L'opposition a tôt fait de crier à la gabegie. Les 576 millions nets perçus dans l'opération sont déjà dépensés alors que la location desdits bâtiments coûtera 40 millions par an. Où est le bon père de famille? Certes, mais en payant le prix fort, Befimmo achète également la valeur de la pérennité du locataire. La durée moyenne pondérée des loyers signés par l'administration dépasse les 17 ans. De quoi rassurer le plus impatient des propriétaires, même s'il faut par ailleurs donner un petit coup de pinceau à gauche et à droite.

Déjà les financiers de l'État planchent sur l'opération suivante. Nouveau profit, nouvelles économies... Mais jusqu'à quand?

Laurent Fabri, News manager

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