Europe, mon amour

L'Union européenne a 50 ans et ça se fête! De nombreuses capitales, y compris Londres, se mettront ce week-end sur leur trente et un pour célébrer ce grand moment dignement.

(l'écho) En espérant pouvoir camoufler le scepticisme ou l'indifférence que les Européens éprouvent à l'égard de la construction européenne; le parfum de crise, créé par les non français et hollandais, ne trompe personne. Certes, les Vingt-sept tenteront de redorer le blason de l'Europe ce dimanche à Berlin avec une déclaration flambant neuve, mais ce nouveau texte changera-t-il réellement notre perception de l'Europe? Pour changer l'image de l'Europe, il faut tout simplement que l'Europe change. C'està-dire que les Vingt-sept chefs d'État et de gouvernement prennent leurs responsabilités en mettant tout en oeuvre pour sortir l'Union de l'immobilisme et adopter le traité constitutionnel.

Car seule une Europe dynamique et interactive permettra aux citoyens de se sentir à l'abri des dérives de la mondialisation. La responsabilité nationale ne s'arrête pas là. Il faudra aussi que les gouvernements cessent de traiter l'Europe comme la bête noire par excellence et qu'ils assument d'une manière constructive toute décision découlant des institutions. Y compris celles pouvant nuire à de grands groupes d'intérêt. Ceci dit, les symptômes de l'actuelle crise européenne ne pourront jamais être totalement éradiqués si les États ne donnent pas à l'Europe les moyens de politiser le débat en vue de créer un véritable espace public européen. Dans nos colonnes, nombre d'interlocuteurs ont revendiqué une politique de communication européenne plus offensive.

Ainsi, Daniel Cohn-Bendit rappelle que la mise en place de listes transnationales donnerait un coup de fouet aux campagnes électorales européennes. De même, Étienne Davignon déplore que les commissaires européens ne peuvent pas s'immiscer dans les débats nationaux pour défendre la cause européenne qui est, par nature, d'intérêt général.

Donc, oui, l'Europe des projets est importante. Mais si l'on veut définitivement combler le fossé entre l'Europe et ses citoyens, il faudra que les Vingtsept se résolvent à rendre le fonctionnement des institutions plus démocratique, à ne plus imputer leurs maux à Bruxelles, et à politiser les institutions en vue de créer un vrai débat européen. A ce moment-là, ils pourront véritablement se targuer de marcher dans les pas des pères fondateurs.

Par Magali Uytterhaeghe

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