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Jeu de dupes sur l'emploi

Faut-il régionaliser la politique de l'emploi? La question, au coeur de la campagne électorale, sera centrale dans les négociations pour la formation d'un nouvel exécutif. Diagnostic: les créations d'emploi restent insuffisantes malgré une conjoncture plutôt favorable.

(l'écho) Le chômage reste très élevé à Bruxelles et en Wallonie. Des pénuries de main-d'oeuvre handicapent certaines entreprises, surtout en Flandre. Les marchés du travail connaissent objectivement des situations différentes au nord et au sud du pays. Il y a donc certainement des améliorations à apporter pour arriver à davantage d'efficacité. Cela passe par exemple par davantage de coopérations entre Régions, à l'instar de l'accord conclu récemment par la Flandre et Bruxelles sur la mobilité des demandeurs d'emploi. Mais une régionalisation totale de la politique de l'emploi ne saurait être un remède.

Pourquoi? D'abord parce que des pans entiers de cette politique sont déjà régionalisés. La formation professionnelle notamment. Et les leviers fédéraux existants offrent déjà une certaine souplesse pour faire face aux réalités du terrain. Le recours au plan Rosetta (convention de premier emploi) est ainsi bien différent en Flandre ou en Wallonie. Et des négociations salariales au niveau d'une entreprise sont possibles. Aller vraiment plus loin - scinder les allocations de chômage, la concertation sociale ou encore la fiscalité sur les entreprises - serait nuisible. Pour les entreprises, une telle régionalisation entraînerait davantage de complexité administrative et d'insécurité juridique.

Près d'un tiers des grandes entreprises sont actives dans au moins deux des trois Régions. Sous couvert de chercher une meilleure efficacité du marché de l'emploi, certaines revendications flamandes masquent mal un agenda caché: la rupture de la solidarité au niveau fédéral. Cela aurait des conséquences graves pour les citoyens. Accepter une telle rupture signifierait le début du démantèlement de la sécurité sociale. Les francophones ne peuvent rentrer dans ce jeu de dupes.

Alain Narinx, journaliste Économie belge

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