Jour historique

C'est un jour historique pour la nouvelle entité Nyse Euronext, cotée ce mercredi d'abord à Paris et ensuite à Wall Street. C'est l'aboutissement de longs efforts et une sorte de couronnement pour les deux patrons respectifs, John Thain et Jean-François Théodore. Soit dit en passant, l'opération aura tout de même coûté la bagatelle de 105 millions d'euros à Euronext, en commissions payées aux banques-conseils, en frais juridiques et en frais de communication, notamment pour contrer la Deutsche Börse.

Et si c'est effectivement un aboutissement, c'est aussi un commencement. Car dans les faits, la nouvelle entité doit encore faire ses preuves et convaincre ses derniers détracteurs sur le Vieux Continent qui auraient préféré une solution "à l'européenne". Les dernières critiques viennent cette fois d'Amsterdam avec des accusations selon lesquelles Théodore aurait joué abusivement la carte franco-américaine, délaissant ainsi la Bourse d'Amsterdam et le marché des dérivés de Londres. Bruxelles s'abstient, elle, de critiques.

Il est vrai que notre marché revient de loin. Accusé en 2000 par Maurice Lippens d'être une "Mickey Bourse" en raison de son extrême étroitesse, le marché bruxellois a retrouvé de l'allant grâce à Euronext. Et la fusion avec le New York Stock Exchange doit être considérée comme une occasion pour nos sociétés de voir s'ouvrir une fenêtre plus large vers l'étranger. Qu'il y ait des tensions, cela n'étonnera personne.

C'est le propre de toute fusion transnationale. Théodore ne serat- il d'ailleurs pas tenté de raccrocher, le sentiment du devoir accompli? Plus inquiétantes sans doute sont les rumeurs qui voient John Thain comme patron éventuel de Citigroup, comme conseiller du candidat à la présidence US, John McCain, ou comme futur secrétaire au Trésor. Deux capitaines qui quitteraient le bateau simultanément, c'est beaucoup pour une nouvelle société.

Marc Lambrechts

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