L'exemple Lafarge

Début mai, la complaisance des investisseurs avait fait place à l'intransigeance. On ne badinait plus avec l'inflation et les hausses de taux.

Les replis des marchés, jugés sévères, s'établissaient de 10 à 15%. C'était il y a deux semaines. Depuis lors, la nervosité s'est effilochée. De nombreuses voix se sont en effet élevées pour tempérer les craintes inflationnistes. Hasard ou pas: c'est à ce moment que les premières prévisions d'abaissement des taux d'intérêt par la banque centrale américaine d'ici à la fin 2006 sont apparues. Parce nombre d'experts s'attendent à ce que la hausse des prix ait à terme un impact négatif sur la conjoncture.

Ces deux dernières semaines, ces tentatives d'apaisement ont porté leurs fruits puisque les indices européens ont pansé leurs blessures. Pourtant, rien n'a fondamentalement changé! Rien ne justifie qu'on soit plus ou moins inquiet à l'encontre de l'inflation et des taux d'intérêt qu'il y a deux semaines, deux mois, voire un an.

Aucun indicateur n'est vraiment venu tempérer les craintes inflationnistes. Tant s'en faut, ce qui n'est du reste pas dénué de logique puisque l'inflation est un indicateur économique "retardataire". Rien ne justifierait-t-il donc le rebond des valeurs européennes ces derniers jours, si ce n'est l'attente des experts que la hausse des prix finisse par freiner la croissance économique?

Pas sûr...

A l'instar de Lafarge, qui a relevé ses perspectives bénéficiaires, les mastodontes de la cote européenne pourraient surprendre par leur capacité d'absorption des chocs macréoconomiques. La saison des résultats trimestriels qui s'ouvrira dans 15 jours pourrait être plus estivale que prévu.

Un signe parmi d'autres: les prévisions des analystes ont été relevées récemment, sans que cela suscite beaucoup d'intérêt. Et pourtant, un taux de croissance des bénéfices estimé à 12% en 2006 pour les entreprises du Dow Jones Stoxx 600 contre 9% il y a peu, c'est une amélioration notable! Qui pourrait se traduire par la poursuite du rebond actuel si les résultats trimestriels devaient être (très) bons.

par François Mathieu

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