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La Poste comme Fiat

Elles venaient toutes les deux de très loin. Sclérosées par des habitudes ancestrales, un management un peu mou, sûres d'une rente de (quasi)-monopole, l'une et l'autre ont tardé à s'adapter à un nouvel environnement concurrentiel.

(l'écho) Fiat ne fut plus maître en son pays, comme La Poste perdit progressivement son monopole. Dopée par un management ambitieux et une nouvelle stratégie, Fiat affiche maintenant une santé agressive et montre les crocs à la concurrence.

La Poste fait certes profil un peu plus bas. L'entreprise semi-publique belge n'a pas la fougue italienne et ce ne sont pas ses partenaires danois qui vont lui réchauffer les sens. Mais quelle que soit la manière, les résultats sont là. Et si Johnny Thijs n'a pas l'allure nonchalante ni la chevelure latine de Sergio Marchione, il est en passe de réussir son pari. L'effet de ciseaux, qui voyait croître les coûts alors que les revenus s'amenuisaient, a été enrayé. Mieux même, les revenus repartent à la hausse sous des effets heureux conjugués. La conjoncture est plutôt favorable et la baisse des volumes du courrier est moins sensible que redouté.

La Poste joue de chance, tant mieux pour elle. Les ventes s'améliorent aussi grâce à sa propre politique commerciale et l'entreprise publique (re)gagne les parts de marché qu'elle avait perdues depuis l'ouverture de son ancien monopole. Mais pour ces même raisons, la situation reste fragile. Un retournement de conjoncture, une baisse brutale des volumes, une démarche agressive de la concurrence ou des problèmes en interne, sociaux notamment, et le fragile équilibre s'écroulerait.

Certes, les Danois semblent de bon conseil et aident La Poste dans sa restructuration. Mais... la Sabena n'a-t-elle pas engrangé les seuls bénéfices de son histoire juste après l'arrivée de Swiss Air dans son capital? Comparaison n'est heureusement pas raison...

Laurent Fabri, News Manager

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