Le Bel20 rassasié

Encore un excellent millésime pour notre indice national. Le montant total des bénéfices réalisés par les 19 sociétés suivies par l'indice Bel 20 a atteint le record de 22,7 milliards d'euros.

(l'écho) En hausse depuis plusieurs années, ce montant permet de mieux comprendre la cadence haussière de l'indice Bel 20 depuis mars 2003. Depuis cette époque, notre "benchmark " boursier a rebondi de 198,4%. Mais à présent que les analystes prévoient une décélération de la croissance bénéficiaire des entreprises, peut-on encore espérer qu'il poursuive sa marche en avant à la même allure? Sans doute que non. Récemment, le stratégiste Philippe Gijsels (Fortis) nous confiait tabler sur une nouvelle progression de 6 à 7% des profits des sociétés en 2007, et d'autant des indices boursiers. Les sociétés belges risquent fort de ne pas faire exception à cette perspective. Pour autant, le temps n'est pas venu de prendre ses distances avec la Bourse de Bruxelles.

Car, comme le rappelle Johan Reybroeck, gestionnaire auprès de Dexia Asset Management, il n'y a pas vraiment d'alternative aux actions. Il faudrait pour cela, dit-il, que les taux d'intérêt remontent. Mais dans le contexte macroéconomique mondial, il y a vraiment peu de chances que cela se réalise.

Les actions ne semblent donc pas encore avoir perdu tout pouvoir de séduction. Et cela d'autant que les sociétés ellesmêmes continuent à soigner leurs actionnaires. Elles vont partager avec eux un peu plus de 8 milliards de leurs profits. À de très rares exceptions, les entreprises du Bel 20 ont encore toutes décidé de mieux les rémunérer. Champion en 2006, KBC a augmenté de 32% le montant brut de son dividende, pour le porter à 3,31 euros. Soit net 2,48 euros. Voilà l'investisseur rassasié aussi.

Pour celui qui a osé acquérir des titres de la banque à 25 euros au pire moment de la crise boursière, en mars 2003, il bénéficie à présent d'un rendement de 10%!

Par Marc Collet

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés