Le gaz n'est pas le pétrole

Réuni à Doha après une longue période de veille (sa dernière réunion remonte à 2005), le Forum des pays exportateurs de gaz réfléchit à l'idée de se donner une assise plus convaincante sous la forme d'une Opep du gaz.

(l'écho) La période est propice: les réserves prouvées de gaz sont supérieures à celles du pétrole dont le déclin semble amorcé et, la plupart des spécialistes de l'environnement en sont convaincus, de toutes les énergies fossiles, c'est sans doute la moins nocive. En Europe, la plupart des producteurs d'électricité, pour des raisons d'efficacité et de contraintes environnementelaes, donnent déjà la priorité aux centrales au gaz par rapport au fuel ou au charbon.

De là à imaginer voir pleuvoir les "gazodollars" sur les pays assis sur les plus importantes réserves comme l'ont vécu les membres de l'Opep, il y a sans doute de la marge. Les molécules se vendent bien et cher. Et la demande ira croissant dans les années qui viennent.

Mais il y a pourtant peu de chance de voir les pays producteurs de gaz cadenasser le marché comme l'on fait les nababs du pétrole. D'abord parce que le marché est organisé différemment. Les contrats de fourniture se négocient sur une base bilatérale et à des échéances généralement très longues. Après avoir clôturé un contrat de 25 ans pour du gaz naturel liquéfié algérien, Distrigaz vient, ainsi, de s'unir pour 20 nouvelles années avec Rasgas, le principal fournisseur du Qatar.

À des conditions, estime- t-il, qui lui permettront de bénéficier de prix qui resteront compétitifs. Ensuite, parce que même si les grandes puissances gazières parvenaient à s'entendre pour faire flamber les prix, elles provoqueraient un mouvement de transfert vers d'autres sources d'énergie, comme la première crise pétrolière a poussé au développement du nucléaire. Enfin, les pays producteurs sont aussi dépendants de leurs débouchés que leurs clients de leur source d'approvisionnement. On ne déplace pas un gazoduc comme un pétrolier. Et s'il y a un robinet d'un côté, il y en a un de l'autre.

Par Jean-Michel Lalieu

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