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Le puncheur et la madone

Le congrès d'investiture de l'UMP ce dimanche devrait se résumer à un plébiscite en faveur de Nicolas Sarkozy. Le parti fait désormais bloc autour de son président. Après avoir constaté l'absence de challenger lui contestant l'investiture, le ministre de l'Intérieur n'a cessé d'engranger les ralliements à sa candidature, dont ceux des anciens Premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin.

Seuls quelques rares députés soutiennent encore le chef du gouvernement Dominique de Villepin, qui paraît de plus en plus isolé au sein de son parti. Reste l'inconnue Chirac. Un faux suspense en réalité. L'âge de l'intéressé, les sondages d'opinion, l'exode de ses collaborateurs, le ralliement de ses amis au président de l'UMP sont autant d'éléments qui permettent d'exclure une candidature pour un troisième mandat consécutif. Seul le moment où il annoncera qu'il jette l'éponge prête encore à spéculation.

à partir de ce dimanche soir, tous les éléments seront donc en place pour le duel tant attendu. Encore faut-il que Sarkozy parvienne à entraîner Ségolène Royal sur le terrain du débat de fond. L'icône «lumineuse» (un adjectif qu'elle utilise pour se qualifier elle-même) entretient en effet un projet volontairement flou, obstinément ambigu, qui permet à la candidate de prospérer sans s'enfermer dans les contradictions qui traversent le parti socialiste, que ce soit sur l'économie de marché, l'Europe ou l'immigration.

Ensuite, une fois le débat de fond engagé - car il faudra bien qu'il ait lieu un jour - Sarkozy devra se méfier doublement de la candidate PS. Car c'est précisément là que réside le piège pour le président de l'UMP. Débatteur surpréparé et survitaminé, il sera très dur pour lui de ne pas pulvériser son adversaire. Auquel cas il risque tout simplement de dresser l'opinion contre lui pour avoir malmené une femme sans défense.

Ségolène Royal échappe au débat contradictoire et à la rationalité politique classique. L'expérience, la maîtrise des dossiers et la verve ne suffiront pas au «puncheur» Sarkozy pour venir à bout de la «madone des sondages».

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