Le temps, c'est de l'argent

Cet adage vieux comme le monde s'est encore vérifié dans l'affaire Mittal-Arcelor.

(l'cho) Dans un premier temps, le management d'Arcelor a clairement joué la montre, espérant décourager son fougueux adversaire. Ce qui aurait d'ailleurs pu réussir, tant que Mittal campait sur le montant de son offre initiale. Le monde des offres publiques d'achat, qu'elles soient hostiles ou amicales, n'est pas, ou n'est plus, une jungle. Il y a des règles et des délais à respecter. Ne rachète pas une entreprise qui veut, surtout lorsqu'il s'agit de marier deux géants de l'acier dont l'union donnera naissance, et de loin, au numéro un mondial du secteur.

Or, qui dit risque pour la libre concurrence, dit intervention de l'Union européenne. Et ici aussi, tout est affaire de temps. Car les autorités de Bruxelles n'ont pas toujours la même notion du temps que les hommes d'affaires pressés. Mais dès que Mittal a décidé de majorer sensiblement son offre sur Arcelor, le temps s'est remis à jouer en sa faveur. Arcelor, poussée dans ses derniers retranchements, s'est jetée dans les bras d'un allié de dernière minute qui n'avait pas la faveur de tous les actionnaires du groupe luxembourgeois, c'est un euphémisme.

Dès lors, et même s'il a mis beaucoup d'eau dans son vin, Mittal n'a eu qu'à cueillir les fruits de sa patience et de sa persévérance. Quant au Russe Severstal, il sort sans doute par la petite porte. Mais l'industrie sidérurgique russe n'a certainement pas dit son dernier mot en Europe. Question de temps, ici aussi.

Car si l'affaire Mittal-Arcelor ne devait livrer qu'une seule leçon, c'est sans doute qu'elle sonne le glas du patriotisme économique. Et des tentatives désespérées des pays de la vieille Europe pour écarter les industriels des pays émergents. D'autres affaires récentes ont d'ailleurs prouvé que cette vision ne tenait pas la route. Même lorsque le projet «défensif» semble avoir mis tous les atouts dans son jeu, les politiques s'avèrent incapables de parler d'une seule voix pour défendre leurs fameux fleurons nationaux. Voir le feuilleton français autour de la privatisation de Gaz de France?

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