Les règles du jeu

La réaction des éditeurs de presse francophones au déploiement de Google News est considéré par certains comme un combat d'arrière-garde. C'est aller un peu vite en besogne. Google est aussi une machine à faire du cash...

La réaction des éditeurs de presse francophones au déploiement du site d'actualités Google News est présentée par certains membres de la "communauté Internet" comme un combat d'arrière-garde, une offensive conservatrice, l'entreprise de personnes rétives au changement et au progrès et qui ne comprennent pas qu'entre-temps le monde a déjà changé. Ces mêmes critiques ont tendance à idéaliser les chantres du développement de la modernité "Internet" tels que Google, Yahoo, eBay et autre MSN, leur passant tous leurs caprices au motif qu'ils sont en phase, eux, et qu'ils incarnent avec éclat cette nouvelle façon de faire des affaires... C'est aller vite en besogne. C'est oublier que Google est aussi une machine à faire du profit et qu'elle en fait d'ailleurs beaucoup. C'est oublier que comme les autres opérateurs, Google est soumise à un ensemble de lois qu'elle est tenue de respecter, qu'il n'y a pas de "raison raisonnable" pour laquelle elle devrait être mise sur un autre pied. Copiepresse demande en somme qu'elle daigne appliquer les mêmes règles du jeu que les autres acteurs du secteur de la communication. Ni plus ni moins. De ce point de vue, on ne voit pas bien en quoi le fait d'inventer un nouveau modèle économique pourrait exempter son auteur - certes créatif - du règlement applicable aux autres. À moins d'introduire l'anarchie dans les affaires. Car enfin, s'il suffisait de passer en force pour imposer un nouveau modèle, les conséquences seraient incalculables. Imaginons un instant que Copiepresse ait perdu son procès. Les précédents jugements obligeant les sociétés de "press clippings" et les entreprises faisant leur propre revue de presse à verser des droits d'auteur aux éditeurs deviendraients caducs. Dans la foulée, pourquoi les sites référençant des ouvrages littéraires devraient-ils encore se soucier des droits de leurs auteurs et éditeurs? Et partant, quelle valeur aurait encore la propriété intellectuelle, quelle qu'elle soit?

par Michel Lauwers

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