Parfum d'eau de Cologne

Il y a un an à peine, la bataille entre Mittal et Arcelor faisait rage. Et L'apocalypse annoncée n'a pas eu lieu. Si ce n'était la dénomination on pourrait croire que rien n'a changé.

Il y a un an à peine, la bataille entre Mittal et Arcelor faisait rage. Deux groupes, mais aussi deux cultures, deux stratégies, deux conceptions radicalement différentes de la manière de faire des affaires, s'affrontaient sans pitié. La phrase assassine (mais pour qui, finalement?) de Guy Dollé, accusant Mittal de produire "de l'eau de Cologne" alors qu'Arcelor aurait été un distingué fabricant de "parfum ", résonne encore dans toutes les mémoires.

Quelques mois plus tard, cependant, la messe est dite. Lakshmi Mittal était devenu le maître absolu du nouvel ensemble et Guy Dollé peut méditer à loisir sur la mondialisation et les pays émergents. L'apocalypse annoncée n'a pas eu lieu. Si ce n'était la dénomination qui marie désormais Arcelor et Mittal, et bien sûr les chiffres (production, chiffre d'affaires, personnel, implantations) qui dessinent les contours du nouveau géant mondial de l'acier, on pourrait presque croire que rien n'a changé.

Tout est différent, pourtant.

Le contexte, évidemment. On sait aujourd'hui qu'un groupe pétri de traditions, campé sur sa réputation, son histoire prestigieuse et la puissance de ses positions européennes peut s'intégrer pratiquement sans heurt au sein d'une entité qui en semblait l'exact opposé. Groupe jeune, agressif, issu d'un des pays émergents les plus dynamique, plus regardant sur la quantité de ses acquisitions que sur leur qualité, Mittal a prouvé, jusqu'à présent du moins, qu'il avait bien, comme il le prétendait, la carrure d'un numéro un mondial de la sidérurugie. Quant à Lakshmi Mittal, déjà richissime et héros de success story il y a un an, il a acquis le statut d'un tout grand. Désormais, les analystes parient sur le cours de ses actions, le monde des affaires boit ses paroles et suit à la trace sa stratégie d'investissement. Quand il se met à investir dans le secteur pétrolier, plus personne ne le traite de fou. Ou ne l'accuse de payer en monnaie de singe.

par Martine Maelschalck Rédactrice en chef

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