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Pinault, roi des déchets

Que veut donc François Pinault? Alors qu'on s'attendait à ce qu'il démente ses intentions d'OPA sur Suez, dans la foulée du président français, le Breton s'est contenté d'une réponse de... Normand. En clair, il se tâte.

Que veut donc François Pinault? Alors qu'on s'attendait à ce qu'il démente ses intentions d'OPA sur Suez, dans la foulée du président français, le Breton s'est contenté d'une réponse de... Normand. En clair, il se tâte. Il n'a en tout cas pas tenu à infirmer les rumeurs qui lui prêtent l'intention de faire main basse sur le pôle environnement et celui des services de Suez. Ni sur celles qui le voient revendre le pôle énergie à Gaz de France. Que faut-il en conclure? Globalement, que le milliardaire français prend son temps. Sans doute est-il convaincu au plus profond de lui-même, comme désormais la plupart des analystes, que la fusion entre Suez et GDF ne se fera jamais. Et que cet échec pourrait favoriser ses plans. En dévoilant ses intentions à l'Autorité des marchés financiers, il aurait aussi été acculé à agir où à renoncer. S'il se disait intéressé, il devait proposer un plan. S'il balayait les rumeurs, il s'interdisait de changer d'avis pendant au moins six mois. En jouant la montre, il se donne par contre un peu de temps pour réunir la somme nécessaire à ses ambitions. Reste cependant que l'opération ne colle pas avec l'image du personnage. Président d'honneur du holding Artemis, il s'est forgé un empire qui navigue entre le luxe (Gucci, Château Latour, Christie's) et la distribution spécialisée (Fnac, Conforama, La Redoute). S'il a lâché le Printemps l'été dernier, c'était dans le but avoué de se recentrer sur le luxe. S'il a cédé les commandes de PPR à son fils, François-Henri Pinault, c'était pour se consacrer à sa collection d'art contemporain. Que viendrait donc faire ce patron si bon teint dans le traitement des déchets et les centrales d'épuration? Vocation tardive? Au niveau belge, la question plus cruciale qui se pose est celle d'une éventuelle cession d'Electrabel à un Gaz de France qui resterait contrôlé à 80% par l'État français. Quelle serait la réponse de nos dirigeants à un contrôle des centrales nucléaires belges depuis Paris? Même s'ils ont souvent cédé devant Suez, on peut quand même espérer qu'ils sauraient faire obstruction à un tel scénario. Pinault a-t-il pris en compte cette dimension?

Par Jean-Michel Lalieu

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