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Première tache d'huile

Certains l'avaient prédit, d'autres, violemment nié, mais les faits tendent à donner raison, déjà, aux premiers: le montant des indemnités obtenues par les syndicats de VW Forest lors des négociations relatives aux suppressions d'emplois a bel et bien créé un précédent dans le pays.

(l'écho) Pour preuve? Les accords conclus par les deux plus importants sous-traitants de l'usine se révèlent nettement plus généreux que les minima légaux prévus pour le secteur. Ce n'est pas l'avantage ainsi gagné par les travailleurs évincés qui choque. Après tout, aucune compensation financière à la perte d'un emploi ne s'avérera jamais suffisante pour panser la blessure morale, indélébile. Et si le dévouement à une entreprise se traduit, chaque mois, par le versement de deniers sonnants du compte de l'une vers celui de l'autre, il est normal qu'à force, les excuses, remords et gratitudes de fin de relation s'expriment dans le même langage.

S'ils lisent bien les termes de l'accord, les travailleurs licenciés ou partants y liront ces sentiments, qui sont, au moins, aussi bons à prendre que la somme correspondante. Le plus dérangeant, dans toute cette histoire, tient, par contre, à l'attitude conquérante et assurée adoptée par les syndicats dès l'entrée des négociations. Emportés par la fièvre des indemnités obtenues chez Volkswagen, qui possède des fonds proportionnels à sa générosité, ils ont déclaré d'emblée qu'ils ne se contenteraient pas du minimum légal. Ils se sont manifestés dès le début. Ils ont appelé à la solidarité, alors que la position tangente de leur société face à la réduction d'activité de l'usine dépendait uniquement de la loi commerciale la plus élémentaire, qui sert les intérêts des sous-traitants en période faste, et les dessert parfois, quand règne la disette.

Mille éléments s'emmêlent, dans ce cas précis, parmi lesquels les moeurs du secteur, les moyens qu'il brasse et la fragilité de son avenir. Il faudrait veiller à garder ces particularités à l'esprit, dans d'autres cas, de peur que la tache d'huile ne se répande dans des domaines où la bonne volonté règne aussi, mais où les moyens manquent vraiment.

Carline Taymans, Journaliste Entreprise

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