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Remises en cause

Dans moins d'un siècle, la côte belge à Bruges, le Bengladesh sous eau et des ouragans tropicaux sur l'Europe? Ces scénarios, considérés comme fantasques il y a une décennie, relèvent aujourd'hui du possible.

(l'écho) Les experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat, qui ont publié leurs conclusions vendredi, se sont montrés nettement plus catégoriques qu'il y a six ans: il est "très probable " que le phénomène de réchauffement climatique s'amplifie au cours du XXIe siècle. Ce qui entraînera des répercussions majeures dont on est loin d'avoir cerné l'ampleur à l'heure actuelle. Si on peut annoncer sans trop se tromper une fonte des glaciers et de la banquise, une élévation du niveau des mers et une augmentation des anomalies environnementales, qui peut prévoir en revanche les effets d'une modification des grands courants océaniques et des déplacements de zones climatiques?

Pour éviter d'être confronté aux scénarios catastrophes annoncés, il faut agir dès aujourd'hui sur ce qui apparaît comme une certitude: l'origine humaine de la hausse des températures. C'est à partir de là que les attitudes divergent. À l'échelon international, faut-il signer de nouveaux accords environnementaux? Ou bien mettre en place, à l'instar de l'OMC dans le domaine commercial, une nouvelle institution supranationale? Sur le plan technologique, doit-on miser sur le nucléaire ? Accélérer les travaux sur la fusion? Développer les filières de l'hydrogène et des biocarburants?

Derrière ces grandes questions qu'il sera difficile de trancher, se cache une réalité plus prosaïque: en dépit d'une incontestable urgence et malgré les discours alarmistes, les citoyens ne sont pas encore prêts à remettre en cause fondamentalement leur mode d'existence. Échanger son 4X4? Rendre sa voiture de société et prendre le train? Ressortir son vieux vélo? Repassez dans quelques années, après le prochain ouragan ou la future sécheresse.

Parce qu'il touche aux fondements mêmes de notre façon de vivre, de consommer et de nous déplacer, le développement durable reste à inventer.

Olivier Gosset, Journaliste Économie - International

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