Se persuader avant tout

De part et d'autre de l'Atlantique, les équipes dirigeantes ne cessent de le répéter: tout va pour le mieux dans les relations entre les Etats-Unis et l'Europe.

Hier, à Vienne, c'est le président Bush qui s'est fait le porte-parole de cette entente retrouvée. Enfin, c'est la version officielle. Un exercice d'autopersuasion qui permet de sauver les apparences et sert l'intérêt commun face aux ambitions affichées par les grands émergents, Chine en tête. Dans les faits, les points de frictions persistent en effet, même si l'on est loin du paroxysme atteint à l'époque de la guerre en Irak. Désormais, on y met les formes, et, surtout, de l'eau dans son vin.

En Europe, même les dirigeants les plus motivés ne rêvent plus de personnifier l'alernative à l'option américaine sur la scène mondiale. Et à Washington, l'administration Bush II privilégie désormais une éthode plus douce pour parvenir à ses fins. Américains et Européens ont par exemple trouvé un modus operandi plutôt satisfaisant sur l'Iran. Mais qu'adviendra-t-il si Téhéran snobe jusqu'au bout la proposition qui lui a été faite par les Six Grands ? Il faudra alors trouver un terrain d'entente sur la manière de forcer la main aux Iraniens. C'est là que les choses risquent de se corser.

Autre poil à gratter dans les relations transatlantiques : Guantanamo. Hier, le président Bush a répété que lui aussi souhaitait, à terme, la fermeture du centre pénitentiaire tout en se demandant ce qu'il adviendrait de ses prisonniers.

Or, certains d'entre-eux sont des ressortissants européens. La question embarrasse clairement nos capitales. Là où la langue de bois a la vie un peu plus dure, c'est en matière commerciale. Alors que le cycle de Doha semble figé pour de bon, les deux blocs ne tentent même pas de faire illusion, se rejetant la faute de l'impasse dans laquelle ont atterri les discussions. Bush s'est même trouvé obligé de parler de tâche «ardue» hier en se référant aux discussions transatlantiques en matière de libéralisation commerciale. L'objectif du Sommet de Vienne était avant tout d'afficher une image unie.

Mais tout a ses limites...

par Catherine Mommaerts

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