Très chers emplois

Les réductions de charges des dix dernières années ont permis de sauver 90.000 emplois. C'est le message délivré par la FEB, la Fédération des entreprises de Belgique (lire en page 9). Sans ces baisses de charges, le taux de chômage serait supérieur de 2%. Fort bien. Mais, pour obtenir ce résultat, il faut délier généreusement les cordons de la bourse: 7 milliards d'euros en 2007.

Cette dépense est-elle pertinente? Doit-elle être encore accentuée dans les prochaines années, comme le réclame le patronat? La réponse nous apparaît nuancée. Sans doute ces réductions ont-elles été nécessaires. Et elles le seront probablement encore à l'avenir. Pour tenir le coup dans un contexte de concurrence internationale, on ne peut pas laisser filer notre compétitivité. Laquelle passe notamment par des cotisations dans la moyenne des pays voisins. Le réalisme le commande. Toutefois, ces baisses de charges ne constituent pas en soi une politique économique. C'est une stratégie défensive. D'abord parce que les autres pays ne restent pas inactifs. Courir après du travail au moindre coût est une course sans fin. Où s'arrêter? Au niveau de la Chine? Impossible, sauf à sacrifier notre sécurité sociale. Ce serait inacceptable. Ensuite, des baisses de charges ne sont pas une assurance tout risque. La restructuration d'Opel à Anvers en est une nouvelle illustration. Certes, on doit continuer à maîtriser le coût du travail. En soulignant que les réductions de cotisations démontrent toute leur efficacité d'abord lorsqu'elles sont concentrées sur les bas salaires. Ou en faisant le ménage dans la petite centaine de mesures publiques de soutien à l'emploi. Mais, globalement, il nous semble plus judicieux d'investir dans le soutien aux PME, principales pourvoyeuses d'emploi, ainsi que dans la recherche et le développement, la formation, l'innovation. Autant de gages plus solides de notre assise économique.

Alain Narinx

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