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Un air de déjà vu

Mais que se passe-t-il en Bourse? L'interview d'un patron et le titre s'envole. Une recommandation à l'achat, idem, surtout s'il s'agit d'une petite valeur subitement redécouverte. Le petit jeu devient non pas de savoir si la tendance haussière va continuer mais quelle sera la prochaine valeur qui flambera comme un feu de paille. Comme un air de déjà vu.

Rappelez-vous, c'était à la fin des années 1990. Vous achetiez n'importe quoi et ça flambait. N'importe quoi, en effet. Parlez-en aux anciens actionnaires de Lernout & Hauspie ou de Real Software. Ce qui a changé, c'est que le mirage de la "nouvelle économie " n'aveugle plus les investisseurs. Ce qui y ressemble furieusement, c'est qu'ils ne savent plus où placer leurs sous. La Bourse est gonflée comme une baudruche. La tentation est grande, alors, de se tourner d'avance vers certains des anciens accusés: les analystes financiers. Puisqu'ils en savent un peu plus que les autres, ou qu'ils sont supposés tels, peu importe, ils disposent d'un pouvoir d'influence énorme. Plus que les nouvelles règles de contrôle de la CBFA probablement, la réputation des banques qui les emploient fait heureusement barrage à la théorie du grand complot. En attendant, le petit jeu continue. Et si les boursicoteurs prennent des risques, qu'ils n'oublient pas qu'ils devront aussi en assumer les éventuelles conséquences malheureuses. Car dans le fond, la dose de rationalité que leur fournissent les analystes ne leur permet- elle pas tout simplement de laisser libre cours à leurs pulsions d'achat? Des pulsions grégaires. Le tout est de savoir, comme toujours en Bourse, quand quitter la croyance collective à temps. Lavoisier ne disait rien d'autre: "rien ne se crée, rien ne se perd". S'il y a des gagnants, c'est qu'il y aura des perdants, le jour où l'édifice viendra à se fissurer.

Par Jean-Yves Klein

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