Augmentation spectaculaire des interdits de jeu dans les casinos français

Les demandes d'interdiction de jeu volontaire ont augmenté en 2005 et 2006 dans les casinos, avec une forte accélération ces derniers mois, concomitante à la mise en place du contrôle systématique aux entrées le 1er novembre 2006, selon un sociologue spécialiste des jeux.

(afp) Dans une étude sur ce sujet, transmise jeudi à l'AFP, le sociologue Jean-Pierre Martignoni-Hutin du groupe de recherche sur la socialisation de l'Université Lumière de Lyon, relève une progression de 46 % des joueurs qui ont demandé à être exclus (3.655) en 2006 contre 2.496 en 2005 et 2.100 en 2004.Cette étude réalisée à partir de chiffres du ministère de l'Intérieur, qui contrôle les casinos, montre également une forte augmentation des demandes d'interdiction à partir d'octobre 2006, la moyenne mensuelle passant de 275 interdits à 800.Le contrôle d'identité à l'entrée des casinos est obligatoire depuis le 1er novembre 2006, notamment pour empêcher les mineurs et les interdits de jeux d'entrer.Au 31 décembre 2006, le fichier des interdits de casinos comptait 25.000 noms. 61,5 millions d'entrées ont été enregistrées en 2006 dans les 193 casinos français.

Trois types d'interdiction empêchent de pénétrer dans un casino : l'interdiction volontaire, faite par le joueur au ministère de l'Intérieur et qui dure cinq ans; le fait d'être sous tutelle; la détention d'un casier judiciaire.Dans son étude, M. Martignoni-Hutin explique cette hausse des interdictions de jeu volontaire, particulièrement à partir d'octobre 2006, par "l'effet de prévention important et radical" du contrôle d'entrée dans les casinos. "Un peu comme", écrit-il, les fumeurs qui ont décidé de s'arrêter de fumer ou de porter un patch quand le prix du tabac augmente fortement ou lorsque des mesures d'interdiction de fumer sont prises.

Cette étude révèle paradoxalement que le nombre des joueurs, qui ont demandé la levée de leur exclusion, a augmenté de 59,76 %, passant de 942 en 2005 à 1.505 en 2006. M. Martignoni-Hutin explique cette augmentation par le fait qu'à partir du 1er novembre 2006 et la mise en place d'un contrôle "efficace", les joueurs compulsifs se sont rendus compte qu'ils ne pourraient plus jouer du tout dans les casinos français, même dans une autre région en période estivale.

Photo Belga

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