Bayrou ne donne pas de consigne mais fustige Sarkozy

"Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d'affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l'intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l'ont été", a-t-il affirmé.

(afp) Le leader centriste François Bayrou, en position d'arbitre de la présidentielle française, s'est refusé mercredi à donner une consigne de vote pour le second tour entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, mais a réservé ses attaques les plus rudes au candidat de droite.L'intervention de M. Bayrou, très attendue car ses 6,8 millions d'électeurs détiennent largement la clef de la victoire, est apparue plus favorable au final pour Mme Royal, dont il a accepté la proposition de débat même s'il a critiqué son programme économique."Je ne donnerai pas de consigne de vote. J'estime que les Français qui ont voté pour moi sont en conscience des citoyens libres de leur choix", a déclaré M. Bayrou, 55 ans, arrivé en 3e position du 1er tour dimanche de la présidentielle, avec 18,6% des voix.Lors d'une conférence de presse, il a annoncé dans la foulée la création d'un "parti démocrate" pour mener la bataille des législatives prévues en juin.Interrogé pour savoir ce qu'il voterait personnellement le 6 mai, M. Bayrou a répondu: "à l'heure qu'il est, je ne sais pas ce que je ferai. Mais je commence à savoir ce que je ne ferai pas. J'imagine que vous commencez à le discerner".Il a annoncé qu'il acceptait le débat proposé par la candidate socialiste, devancée au premier tour par M. Sarkozy (25,87% contre 31,18%). Et a assuré être prêt à en faire autant avec Nicolas Sarkozy si ce dernier le lui proposait.Très offensif, M. Bayrou a réservé ses attaques les plus dures au candidat de droite, évoquant des "ressemblances" entre Silvio Berlusconi et M. Sarkozy.

"Par son tempérament et les thèmes qu'il a choisi d'attiser, il risque d'aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d'avantages aux plus riches", a accusé le leader centriste."Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de démocratie, elle paraît plus attentive à l'égard du tissu social", a-t-il ajouté, tout en fustigeant "son programme multipliant les interventions de l'Etat" et les soutiens qu'elle a reçus de la gauche radicale.Il s'est dit en "grave contradiction" avec elle notamment sur sa conception d'un "Etat faisant tout".Face à ces deux "risques" que feraient courir à un pays qui "va mal" les deux finalistes, M. Bayrou s'est posé en fédérateur d'une "force nouvelle", qu'il compte incarner avec son nouveau "parti démocrate".Ce parti "présentera des candidats à toutes les élections à venir, et d'abord aux élections législatives (de juin), pour représenter les Français qui veulent une politique nouvelle, indépendante, libre de son expression", a insisté le responsable centriste.Le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray a immédiatement estimé que "les choses bougent" après l'accord donné par M. Bayrou à un dialogue avec Mme Royal sur la recherche de convergences entre socialistes et centristes.

"Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de démocratie, elle paraît plus attentive à l'égard du tissu social", a-t-il ajouté, tout en fustigeant "son programme multipliant les interventions de l'Etat" et les soutiens qu'elle a reçus de la gauche radicale.Il s'est dit en "grave contradiction" avec elle notamment sur sa conception d'un "Etat faisant tout".Face à ces deux "risques" que feraient courir à un pays qui "va mal" les deux finalistes, M. Bayrou s'est posé en fédérateur d'une "force nouvelle", qu'il compte incarner avec son nouveau "parti démocrate".Ce parti "présentera des candidats à toutes les élections à venir, et d'abord aux élections législatives (de juin), pour représenter les Français qui veulent une politique nouvelle, indépendante, libre de son expression", a insisté le responsable centriste.Le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray a immédiatement estimé que "les choses bougent" après l'accord donné par M. Bayrou à un dialogue avec Mme Royal sur la recherche de convergences entre socialistes et centristes.Nicolas Sarkozy avait assuré dans la matinée qu'il n'attendait "rien du tout" des déclarations de François Bayrou, après avoir dénoncé les "marchandages" en cours selon lui entre la gauche et le centre.Dans le même temps, certains de ses lieutenants laissaient planer la menace de représailles: le parti majoritaire UMP pourrait faire tomber certains des 29 députés centristes aux législatives de juin.Les derniers sondages donnent M. Sarkozy nettement vainqueur, à l'exception d'une enquête Sofres signalant un resserrement des positions (51-49).La confrontation entre M. Sarkozy et Mme Royal culminera lors d'un débat télévisé le 2 mai, qui pourrait être décisif.

Photo Belga

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